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Guilhem de Grenier, Tom Vergez, Patrick Desprez, Sébastien Marti, Lucas Serdic, Marine Couturier, Charlotte Lesprit, Marine Couturier pour La Dépêche du Midi

 

TFC

80 ans d'histoire... Des hauts, des bas, les descentes, les remontées, l'Europe... Le TFC a tout connu. Depuis sa création en 1937, les Violets (qui ne l'ont pas toujours été) ont fait battre le cœur de la Ville rose.

A l'occasion de l'anniversaire du club, La Dépêche du Midi vous propose de revenir sur les 80 ans du TFC.


https://social.shorthand.com/ladepechedumidi/uCBKgay8UP/tfc-80-ans-dhistoire

 


1937-1967 : de la création du club au dépôt de bilan


Nous sommes en 1936 et le football est devenu professionnel depuis quatre saisons. Mais pas à Toulouse. Du moins pas encore. Le cœur de la Ville rose ne bat pour le moment que pour le ballon ovale et les Rouge et Noir du Stade Toulousain. Mais tout est sur le point de changer. Le 7 juillet 1936 très exactement, Georges Bayrou, président du Football Club de Sète, probablement la meilleure équipe du moment, et Monsieur Lauriol, président de la Ligue du Midi, se réunissent pour tenter de former une équipe à Toulouse. Pour en tester le potentiel, ils organisent plusieurs matches d'exhibition contre Sète en faisant venir l’AS Cannes, le Wiener de Vienne et le Kipest de Budapest à Toulouse. Le succès est immédiatement au rendez-vous et l'on se rend compte qu'il y a de la place pour du football aux côtés du rugby dans la Ville rose.

C'est donc en 1937, le 20 mars plus précisément, que naît le Toulouse Football Club, dans une salle du 9 place des Arcades au Capitole. Son président : M. Lauriol. Ses couleurs : le rouge et le blanc. Le club est admis à participer au championnat professionnel de Division 2. Nous sommes alors en juillet 1937, il y a 80 ans, et le TFC est né.

Les premières années sont très bonnes pour les Toulousains. Pour leur première saison, les Rouge et Blanc terminent à une honorable troisième place et atteignent même les 8èmes de finale en Coupe de France. Entre 1940 et 1945, la guerre éclate et bouleverse totalement l'équilibre mondial ainsi que celui du football dans l'Hexagone. De nombreux joueurs s'exilent à Toulouse et la Ville rose devient une place forte du foot français. Le TFC remporte d'ailleurs son premier titre en 1941 en gagnant la Coupe de France de zone non occupée. En 1943, le club sera également champion du championnat sud.

Au sortir de la guerre, le club toulousain est reversé en D2. L'année suivante, grâce à une très belle performance, les Toulousains remontent en première division mais dès 1947, le club perd de nombreux joueurs. La saison 50-51 voit la malchance s'acharner sur le club : beaucoup de joueurs sont blessés et les finances sont au plus bas. Comme un symbole : le club quitte son siège historique au Capitole pour s'installer rue Alsace-Lorraine. Un déménagement qui crée une véritable scission au sein du club, les anciens dirigeants préférant rester place du Capitole.

17èmes au classement final en 1951, les Toulousains retrouvent encore une fois la D2 mais ils finissent par en sortir avec les honneurs malgré de nombreux changements dans le staff et du côté des dirigeants. Après plusieurs années à faire le yoyo entre la première et la seconde division arrive l'année 1957. De retour dans l'élite du football français depuis plusieurs années et à force d'efforts, le Toulouse Football Club remporte enfin un nouveau titre. Et pas des moindres avec la Coupe de France. Après avoir éliminé Lens, Sedan et Nice et au terme d'une finale complètement folle, les Toulousains viennent à bout d'Angers et avec la manière, plantant un 6-3 aux Angevins. Le président Coty remet alors la Coupe de France aux Hauts-Garonnais, qui ne reverront pas d'autre trophées que ceux de Ligue 2 plusieurs années plus tard.

Lors de la saison 61-62, c'est Jean-Baptiste Doumeng, surnommé « le milliardaire rouge », qui prend les rênes du club. Après quelques années faites de hauts et de bas pour renflouer les caisses vides des Toulousains, il décide de faire fusionner le TFC avec le Red Star. Une fusion qui s'est faite à ces conditions : le TFC fournissait les joueurs et le Red Star les infrastructures en région parisienne. Il faut dire qu'à l'époque, faire fusionner deux clubs de deux régions différentes était tout à fait possible. Le club déménage alors à Saint-Ouen. En 1967 et après 30 ans seulement d'existence, c'est la fin du football professionnel dans la Ville rose.


1970-2001 : renaissance et haut de l'affiche

Le 25 mai 1970, sous l'influence de Lilian Buzzichelli, le président d'un club d'entreprises, et avec l'aide de plusieurs entreprises de la région, l'US Toulouse voit le jour et ramène le football professionnel dans la Ville rose. Cependant, malgré ce souffle nouveau, le club fait à nouveau face à d'importantes difficultés financières et ne peut pas vraiment se permettre de folies sur le marché des transferts. Dès la saison 70/71, les Sang et Or (les nouvelles couleurs du club qui a abandonné le rouge et blanc) sont invités à rejoindre la D2. Par manque d'effectif, les Toulousains stagnent alors pendant quelques années dans ce championnat sans vraiment parvenir à s'imposer pour remonter en première division.

En 1977, Lilian Buzzichelli quitte le club avec tous ses soutiens financiers. Le TFC qui n'était déjà pas au mieux continue d'accumuler les difficultés financières. Cette saison est également particulièrement difficile sur le plan sportif : les déplacements se font dans des conditions qui relèvent de l'amateurisme et le club flirte avec la D3... Relégué sportivement, il ne doit d'ailleurs son salut... qu'au dépôt de bilan du Red Star. Comme un symbole. Le TFC est donc repêché et la Mairie accorde une subvention au club qui respire.

1978 marque alors la véritable renaissance du club avec une arrivée de marque. Just Fontaine, le meilleur marqueur de l'histoire de la Coupe du monde vient remplacer Angel Marcos au poste d’entraîneur et a une mission simple : maintenir le club en D2 pour éviter le scénario catastrophe de la saison précédente. C'est chose faite malgré des difficultés économiques toujours très présentes en coulisses.

En 1979, tout s'accélère. Les Sang et Or de l'US Toulouse deviennent les Violets du Toulouse FC et le club manque de peu de monter en D1.

En 1982, au terme d'une saison haletante et d'une belle victoire à Rouen, le TFC retrouve la D1 avant d'être sacré champion de D2.

Les années suivantes, l'objectif est clair : maintenir le club dans l'élite. Pour cela, le TFC se lance dans un gros recrutement pour faire face à ces nouveaux enjeux. On retrouvera tour à tour des noms comme Bergeroo, Christophe, Domergue, Ferratge, Lacombe, Lopez, Alberto Márcico, Roussey, Soler, Stopyra ou encore Tarantini. Rapidement, et malgré des résultats moyens en première division, c'est l'Europe qui est visée.

Objectif atteint ! En 1986, le TFC est qualifié pour participer à la Coupe UEFA et c'est lors de cette compétition qu'il écrira une page de son histoire grâce à une double confrontation avec le SSC Naples de Diego Maradona. Le match aller à San Paolo devant 85 000 supporters (dont 400 toulousains) est remporté par les Italiens (1-0), qui devront venir défier les Violets au Stadium pour le match retour. Un retour qui est d'ailleurs resté dans l'histoire. Sous la houlette de Jacques Santini, les Violets arrachent un match nul cumulé (1-0) et une séance de tirs aux buts qui tourne en leur faveur sur un poteau de Maradona (4-3) et éliminent le SSC Naples de la Coupe d'Europe. Ils affronteront au tour suivant le Spartak de Moscou et seront éliminés malgré un triplé de Gérald Passi (3-1 à l'aller et 5-1 au retour), lui aussi resté dans l'histoire.

En parallèle, Toulouse réalise sa meilleure saison jusqu'ici en terminant troisième du championnat et en se qualifiant une nouvelle fois pour l'UEFA.

La saison suivante, le club, diminué par de nombreuses blessures et la multiplication des échéances, est en grande difficulté. Il parvient à grand peine à se maintenir en D1.

La fin des années 80 est une véritable épreuve pour le club toulousain. Les grands noms, hormis Márcico, quittent le club et en 1991, les Toulousains n'évitent la relégation que grâce à la rétrogradation financière de Bordeaux.

Le club s'appuie alors sur un recrutement intelligent mais aussi et surtout sur son centre de formation qui voit éclore une génération prometteuse avec des noms comme Fabien Barthez, Jean-François Hernandez, Michel Pavon et Anthony Bancarel.

En 1992, c'est le départ d'Alberto Márcico. De nouveaux noms font leur arrivée au club comme Dominique Arribagé ou Vaclav Nemecek. Comme une fin de cycle, après une saison 93/94 ponctuée par seulement trois victoires, le TFC est une nouvelle fois relégué à l’échelon inférieur et retrouve la D2.

Après plusieurs années à faire l'ascenseur entre la D1 et la D2, le couperet tombe en 2001. Le club descend une première fois sportivement et une deuxième fois administrativement. En effet, la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion) rétrograde le club d'une division supplémentaire pour des raisons financières. La saison 2001/2002 se jouera donc en National (3ème division) avec un seul impératif : remonter en D2 sous deux ans sous peine de perdre son statut professionnel et son précieux centre de formation.


2001 – 2017 : seconde vie des Violets et l'ère Dupraz

L'année 2001 est celle de la renaissance pour le TFC. Une renaissance administrative d'abord puisque la présidence du club est reprise par Olivier Sadran, dont le plan économique est retenu par le Tribunal de Commerce de Toulouse. Évoluant en National, les Violets perdent aussi l'accès à leur pelouse habituelle après l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001. Qu'à cela ne tienne, après un temps d'adaptation, les Toulousains renouent avec la victoire et décrochent leur remontée en Ligue 2... à Angers. Les hommes d'Erick Mombaerts font donc leur retour dans le football professionnel une année seulement après l'avoir quitté.

L'année suivante, en 2002/2003, est l'année de tous les records pour les Violets qui signent une saison pleine en Ligue 2 : Mombaerts coach de la saison, Revault meilleur gardien et Fauré meilleur buteur de L2. Point d'orgue de la saison, le club est sacré champion de Ligue 2 et revient dans l'élite du football français. Dès son retour en Ligue 1, le club est sur la brèche mais parvient à se maintenir, notamment grâce à un but magnifique d'Eduardo contre Marseille lors de l'avant-dernière journée du championnat.

Après plusieurs saisons sur courant alternatif, le TFC voit arriver en 2006 un des joueurs les plus marquants de son histoire, Johan Elmander. Auteur d'un triplé contre Bordeaux, puis d'un doublé contre Marseille, le Suédois finira meilleur buteur de la saison chez les Violets.

La saison 2007/2008 voit les Reds de Liverpool fouler la pelouse du Stadium à l'occasion du tour préliminaire de la Ligue des Champions. Au match aller, les Anglais l'emportent sur un petit 1-0 mais se rattrapent au match retour, infligeant un 4-0 aux Violets à Anfield. Reversés en Coupe de l'UEFA, les Toulousains ne s'en sortent pas vraiment mieux contre le Bayer Leverkusen, le Sparta Prague, le FC Zurich ou encore le Spartak Moscou. Pire, la campagne européenne fatigue les troupes et complique franchement la lutte au maintien pour les Violets. Il faudra d'ailleurs attendre la dernière journée face à Valenciennes pour voir le club sauvé une nouvelle fois in extremis.

A la suite de ce faux pas et après de nombreux départs (Elmander, Emana, Douchez), le club recrute, fait éclore certains joueurs et repart de l'avant. C'est comme cela qu'André-Pierre Gignac, Carrasso, Didot ou encore Braaten portent le club pendant une belle saison durant laquelle le TFC aura existé sur tous les tableaux. Les saisons suivantes, les performances de Violets sont en dents de scie, souvent avec un début canon, puis un peu moins bon au fur et à mesure de la saison. Durant la saison 2012/2013, Sissoko et Capoue explosent au plus haut niveau et sont même sélectionnés en Bleu. Sissoko quitte le club à l'intersaison pour aller s'installer à Newcastle. Les années suivantes verront Wissam Ben Yedder et Serge Aurier éclore au plus haut niveau, ainsi que l'arrivée d'une recrue de choix : Martin Braithwaite.

Tout se complique pourtant durant la saison 2014/2015. Après une série de défaites cuisantes à domicile contre l'OM (1-6), puis contre Lens (0-1), coup de tonnerre, Alain Casanova quitte le club. Le coach Casa comme l'appellent les fans tourne, avec son départ, une page d'histoire de 23 ans. Il est remplacé par une autre figure emblématique du club : Dominique Arribagé. Au terme de neuf matches angoissants, les Violets se maintiennent et Arribagé reste à la tête de l'équipe.

Mais la lune de miel est de courte durée. Après quelques mois seulement, les résultats ne suivent pas et la grogne des supporters se fait entendre. Après plusieurs semaines dans la zone rouge et alors que l'on pensait le club voué à la Ligue 2, Arribagé démissionne et laisse sa place à... Pascal Dupraz. Sans être un sauveur, il insuffle une nouvelle dynamique au club, et surtout à ses supporters qui reprennent confiance et se mettent à rêver d'un nouveau sauvetage in extremis. La suite, on la connaît. Un soir d'anthologie à Angers, un scénario improbable, un tir de Bodiger. Tout était là. Et une fois de plus, le TFC est sauvé... grâce à ses jeunes.


Ces cracks sortis du centre de formation

La marque de fabrique du TFC, c'est incontestablement son centre de formation. De Fabien Barthez à Alban Lafont, les jeunes ont toujours été la colonne vertébrale des Violets. Retour sur certains joueurs emblématiques 100% toulousains.

Fabien Barthez (pro de 1991 à 1992) : au moment de se choisir un ambassadeur pour l'Euro 2016, la ville de Toulouse a choisi Fabien Barthez. Le gardien des champions du monde 1998 n'a pourtant joué que 28 matches professionnels avec le club de la ville rose, mais ce choix sonnait comme une évidence. Des nombreux joueurs sortis du centre de formation du TFC, Barthez est sûrement le plus emblématique.

Champion du monde et d’Europe, seul gardien français vainqueur de la Ligue des Champions, recordman français du nombre de matches en Coupe du monde… le palmarès de Barthez fait rêver, et rappelle de bons souvenirs. Mais avant de devenir cet immense gardien, il était bien un pur produit d'Occitanie. Né à Lavelanet, il y commence le football avant d’intégrer le centre de formation du TFC en 1986, à l’âge de 15 ans.

Il intègre l’effectif pro au début de la saison 1991-1992 en tant que troisième gardien. Très vite, les deux autres se blessent, et le jeune Barthez se retrouve sur le devant de la scène dès le 22 septembre 1991, à Nancy. Après un premier match compliqué, il montre toutes ses qualités et Robin Huc, l’ancien titulaire dans les buts, regarde Barthez depuis le banc jusqu’à la fin de la saison.

Toulouse termine l’année à la onzième place, mais son jeune gardien a attiré la lumière sur lui. Barthez signe à Marseille, quadruple champion de France en titre, et multiplie son salaire par cinq. Un an plus tard, ce jeune homme à la chevelure encore fournie remporte la Ligue des champions.

Moussa Sissoko (pro de 2007 à 2013) : c'est le dernier joueur formé au TFC à avoir porté le maillot de l’équipe de France. Après des débuts en région parisienne, il rejoint Toulouse en 2002 alors qu’il n’a que 13 ans. Il en a 17 lorsqu’il signe son premier contrat pro, débute en Ligue 1 face à Valenciennes en août 2007 et participe à 36 matches pour sa toute première saison.

En 2009, il est appelé en équipe de France par Raymond Domenech alors qu’il vient d’avoir 20 ans. En fin d’année, il est élu « révélation française de l’année » par France Football, comme Deschamps, Zidane et Henry avant lui.

Très vite, il s’impose comme LE joueur incontournable de l’effectif toulousain. Sollicité à chaque mercato, il finit par signer à Newcastle en janvier 2013, en même temps que quatre autres joueurs français (Debuchy, Yanga-Mbiwa, Gouffran et Haïdara). Au total, il aura joué 220 matches pour Toulouse.

Comme d’autres, c’est après avoir quitté les bords de la Garonne que sa carrière explose. Régulièrement titulaire en bleu à partir de la Coupe du monde 2014, il devient l’un des cadres de l’équipe de Didier Deschamps, et sera le meilleur joueur de la finale de l’Euro perdue face au Portugal.

Vincent Candela (pro de 1992 à 1995) : s'il a effectué toute sa formation à Montpellier, c’est bien à Toulouse que Vincent Candela signe son premier contrat professionnel en 1992. À 19 ans, il n’a pas vraiment l’occasion de s’exprimer pour sa première saison, ne jouant que trois matches de D1.

Il commence à jouer plus la saison suivante, mais ne peut empêcher la relégation toulousaine. Candela reste encore une saison en D2, mais ne parvient pas à faire remonter son club. À l’été 1995, il décide donc de rejoindre l’En Avant Guingamp, qui vient d’accéder à l’élite. Il ne restera qu’un an et demi en Bretagne avant de partir à Rome, où il s’installe presque jusqu’à la fin de sa carrière.

Avec Fabien Barthez, Candela est l’autre champion du monde toulousain. Remplaçant de Bixente Lizarazu à gauche de la défense, il ne joue que le match sans enjeu contre le Danemark. Malgré ce faible temps de jeu pendant le mondial, il marque l’histoire à sa façon : c’est lui qui introduit dans le vestiaire I will survive, hymne officieux de France 98.

Dominique Arribagé (pro de 1992 à 1998 et de 2004 à 2008) : jeune prometteur, capitaine expérimenté, recruteur, entraîneur… À Toulouse, Dominique Arribagé est passé par tous les rôles. Avec 335 matches, c'est lui qui a porté le plus souvent le maillot violet.

À part ses six années à Rennes, il est d’ailleurs fidèle au TFC depuis plus de 25 ans. Depuis sa retraite en 2008, c’est un homme de l’ombre. Travaillant main dans la main avec le président Sadran et Alain Casanova, il dirige la cellule de recrutement jusqu’au renvoi de l'entraîneur en mars 2015.

Il prend alors les rênes de l’équipe pro, apprend le métier d’entraîneur sur le tas et sauve le club de la relégation. Mais l’expérience est de courte durée et alors qu’il n’a pas encore fêté son premier anniversaire sur le banc toulousain, Arribagé est remplacé par Pascal Dupraz, avec le résultat que l’on sait.

Il est depuis retourné à son ancien rôle de responsable du recrutement, bouclant notamment les arrivées de Corentin Jean et Andy Delort.

 


1986 : L'ANNÉE OÙ LES VIOLETS ONT ÉLIMINÉ LE NAPLES DE MARADONA


« Je me suis souvenu de ce qu'on m'avait dit, expliquera après coup Bergeroo, il ne fallait pas que je bouge. Car Diego Maradona a l'habitude d'attendre que le gardien esquisse un geste pour le prendre à contrepied... »

Stadium, mercredi 1er octobre 1986, 1er tour de la Coupe UEFA. Les deux équipes sont à égalité parfaite 1-1 sur l'ensemble des deux matches. Toulouse s'était incliné 0-1 en Italie quinze jours auparavant ; au retour il a remonté son handicap dès le quart d'heure grâce à un but d'avant-centre de Stopyra de près, convertissant un bon centre du magicien Beto Marcico sur lequel Gérald Passi et le goal de Naples se sont télescopés (1-0, 15e). La prolongation n'a rien donné, malgré une dernière occasion et un tir de Beto stoppé par le portier transalpin sur le gong (120e).

Résultat des courses et des comptes : il faut en passer par la terrible séance des tirs au but. Loterie pour certains, maîtrise technique et de ses nerfs pour d'autres ; adrénaline assurée, en tout cas. Si Yannick Stopyra a raté la toute première tentative, le dernier rempart toulousain Philippe Bergeroo a remis les pendules à l'heure en stoppant l'essai de Bagni, 4e de la série. Nous en sommes à 3-3. Tarantini, l'autre Sud-Américain, ne tremble pas et donne l'avantage au Téfécé 4-3. La donne est simple : si l'ultime tireur napolitain, en l'occurrence le roi Diego, manque, il envoie le Tef au 7e ciel...

Les images n'ont pas vieilli, les photos à peine jauni ; les ralentis régalent toujours autant. Maradona place le ballon sur la gauche, à mi-hauteur ; Bergeroo n'a pas choisi de côté, fidèle à ce qu'il avait dit. Le cuir heurte le poteau et vient rebondir sur la cuisse droite du héros, retombant devant la ligne de buts : le TFC est qualifié !

Diego Armando Maradona peut se tenir la tête à deux mains, se signer et sortir du terrain.

Sur leur lancée, les hommes de « Jacquot » Santini battront le Spartak Moscou 3-1 avant de se faire terrasser en Russie (1-5). Une autre histoire...

 


L'après 1986 : un prélude aux années de galère


Rolland Courbis, Christophe Revault ou encore Elie Baup. Ces grands noms du football sont passés par la case TFC. Parfois au bon moment, parfois au mauvais... Car l'après 1986 a été difficile à gérer pour le club de la Ville rose qui a fait face à de nombreux départs et n'a plus jamais réitéré ses exploits européens. Descentes, remontées manquées, départs, désillusions, les années 1986-2000 ont été particulièrement éprouvantes pour les Violets... jusqu'à ce nouveau dépôt de bilan qui a sonné le glas, mais aussi la renaissance du club.


ROLLAND COURBIS : "J'AI ENCORE LES BOULES RIEN QUE D'Y PENSER !"

Rolland Courbis a été l'entraîneur du Toulouse Football Club lors de la saison 1994-1995. Le club, alors en Ligue 2, termine à la quatrième place et rate d'un point la montée en Ligue 1. Retour sur un souvenir douloureux.

Rolland, comment parleriez-vous de votre passage au TFC au cours des années 1994 et 1995 ?

Eh bien, il a été à l'image de ma carrière : il a manqué un petit quelque chose pour réussir. Parmi tous les challenges qu'il m'a fallu relever, je compte cinq échecs. Et je classe le TFC parmi les cinq. Mais j'avais quelques circonstances atténuantes.

Que s'est-il passé ?

J'ai eu beaucoup de blessés dans l'effectif. On perd Dominique Arribagé, Kelvin Sebwe, Pierre Reynaud… Sebwe, c'était un gros coup dur. Ce mec était insaisissable et j'avais réussi à me le faire prêter par Monaco. Moi j'ai toujours été contre les matches amicaux parce qu'ils sont dangereux et propices aux blessures. A l'époque le TFC jouait traditionnellement un match amical en décembre contre le vainqueur de la coupe du Midi. Nous avions joué à Balma, on menait 4-0 et à la fin du match, Sebwe part en dribbles. Il se fait tacler par derrière. Résultat : double fracture tibia-péroné. Je crois que ce soir-là on a perdu la montée en Ligue 1.

Rien n'avait joué en votre faveur cette année-là…

C'est vrai. Nous sommes à la lutte avec Gueugnon pour l'accession en Ligue 1. D'abord Gueugnon perd 2 à 1 au Mans à 15 minutes de la fin quand l'éclairage tombe en panne. Or Le Mans se trompe dans son rapport et oublie de spécifier qu'il s'agit d'une panne de secteur et non d'un incident imputable au club. Résultat : le match est gagné par Gueugnon sur tapis vert. Après Gueugnon gagne 13 ou 14 matches sur le plus petit des scores, 1 à 0. Ces victoires et le match gagné sur tapis vert, ça a fait beaucoup pour une même saison et on termine à la quatrième place, la pire des places puisque seuls les trois premiers montent.

Et l'OM, qui était descendu en Ligue 2 et qui termine premier, est interdit de montée…

Oui, l'OM dépose le bilan et le club ne peut pas monter. Cette décision intervient à six journées de la fin ce qui décuple la motivation des Marseillais. Ils remportent tous leurs matches y compris contre nous au Stadium. Ensuite, au lieu de faire descendre le 18e de Ligue 1, on ne fait pas monter le 4e de Ligue 2, nous en l'occurrence. Ce qui m'avait fait dire à l'époque que s'il y avait trois OM classés à la 1re, 2e et 3e place de Ligue 2 et qu'on les empêchait de monter pour X raisons, eh bien il n'y aurait aucune montée et aucune descente.

Vous vous souvenez de tout…

Oui. C'est tellement un mauvais souvenir que je me souviens de tous les détails. Je n'ai même plus de regrets pour le titre perdu d'un point avec l'OM en 1999… D'ailleurs j'ai encore les boules rien que d'y penser !

C'est ce qui vous pousse à quitter Toulouse à l'automne 1995 ?

J'ai commis une deuxième erreur : faire la saison de trop. J'avais terminé la précédente tellement sur les nerfs qu'il aurait été plus sage que je me repose plutôt que repartir sur un challenge compliqué. C'est dommage, j'étais très attaché à Toulouse, à sa région, aux gens…

Quelles ont quand même été vos réussites à Toulouse ?

Le changement de position de Vincent Candela (futur champion du monde 1998), qui passe de droite à gauche. De bon il est devenu très bon, ce qui lui a permis de faire une grosse carrière.

Avez-vous eu après coup l'occasion de revenir au TFC ?

Non. Il y a eu des rumeurs chaque fois qu'un club était en difficulté et que l'on pensait à moi pour le relancer, mais sans plus.


Christophe Revault : "J'y ai vécu des moments merveilleux"

Capitaine lors de l'épopée des "Pitchouns", Christophe Revault fut le portier du TFC pendant six saisons de 2000 à 2006. Il y a tout connu : de la descente aux enfers du club relégué administrativement en National à sa remontée dans l'élite en passant par l'arrivée aux manettes d'Olivier Sadran. Sans oublier le traumatisme d'AZF qui a lié à vie son destin à celui de la Ville rose. Retour avec l'homme aux 219 matches sous les couleurs violettes, sur l'une des périodes les "plus fortes en émotions" de sa vie, comme de celle du club toulousain.

Christophe, qu'est-ce que ça vous fait d'évoquer vos souvenirs au TFC ?

C'est un passage de ma carrière et de ma vie hyper important. Toulouse, c'est la naissance de mes deux enfants. Et puis, j'y ai vécu des moments merveilleux sportivement, cette remontée après la double descente du club reste un moment très fort en émotions.

Qu'est-ce qui vous a motivé à rester au club alors que ce dernier traversait l'une de ses périodes les plus sombres et que vous saviez que vous alliez jouer en 3e division ?

Le discours d'Olivier Sadran. Très optimiste. C'était un jeune président qui prenait le risque de racheter le club et j'avais envie de lui filer un coup de main. Le feeling est très bien passé, tout de suite. Je n'ai pas eu à réfléchir longtemps avant de me lancer dans l'aventure.

Et l'envie de prendre une place un peu plus importante en devenant capitaine, ça s'est fait comment ?

Je n'avais pas spécialement envie d'être capitaine, mais je me sentais redevable vis-à-vis du club qui m'avait fait venir l'année d'avant la descente. J'ai le sentiment que le capitanat a pas mal tourné finalement. C'est juste le projet sportif que je trouvais beau. Et l'envie d'aider les gamins, les "Pitchouns", pour qui cette descente signifiait une promotion express en équipe Une. J'avais la possibilité de pouvoir les aider à réussir une carrière professionnelle.

On parle souvent des "Pitchouns" pour évoquer cette période de la remontée du club, mais il y avait aussi vous, les anciens, avec Stéphane Lièvre, William Prunier et Anthony Bancarel. Comment s'est faite l'alchimie dans ce groupe ?

Très naturellement. Ça a très bien pris. On met souvent en avant le fait que les anciens que nous sommes ont aidé les "Pitchouns", mais l'inverse est vrai aussi. Ils nous ont apporté toute leur fraîcheur. C'était quand même un grand défi de se retrouver en National après avoir évolué en Ligue 1, mais cette fraîcheur nous a permis de retrouver plus facilement l'envie et le goût de nous entraîner au quotidien. Pour eux, ce n'était que du bonheur finalement.

Vous l'avez dit, vos deux enfants sont nés à Toulouse, mais ils n'ont pas vraiment eu le temps de profiter de la Ville rose. Vous les avez récemment ramenés dans la ville qui les a vu naître. Comment ça s'est passé ?

Très bien. C'est vrai qu'ils avaient très peu de souvenirs. La plus grande avait 5-6 ans quand on est partis, donc quelques bribes, mais le plus jeune avait à peine 10 mois. C'était important de leur faire redécouvrir la ville dans laquelle ils sont nés, d'autant qu'on parle souvent de Toulouse à la maison. Maintenant, ils ont vu à quoi ça ressemblait.

Vous avez pu mesurer que votre cote d'amour à Toulouse se porte encore très bien...

Oui, c'est vrai. Je suis allé à deux reprises à l'entraînement et c'est vrai que ça fait très plaisir de retrouver des supporters qui vous reconnaissent, qui viennent vers vous pour vous parler de ces années-là, quand j'étais au club. Je pense peut-être aujourd'hui avec le recul que ça a quand même été un passage hyper important du TFC, parce que si on n'était pas remontés de National en Ligue 2 à ce moment-là, je ne sais pas où en serait le club aujourd'hui... Ce n'était pas juste une pression sportive, il y avait plus que ça.

C'était presque une question de survie...

Je ne sais pas si on peut aller jusque-là, mais c'était pas loin d'être le cas pour le foot professionnel à Toulouse, oui.

Parce que si vous n'étiez pas remontés tout de suite en Ligue 2, le statut professionnel du club n'était pas certain d'être conservé.

C'est exactement ça. On avait un double challenge finalement. Un volet sportif et quelque part un volet "social", si j'ose dire.

Quand on évoque votre passage avec les supporters, un autre aspect fait de vous un Toulousain un peu spécial à leurs yeux, c'est le fait que vous ayez été directement concerné par la catastrophe d'AZF. Est-ce que ça vous a fait vous sentir encore plus proche de cette ville ?

Complètement. J'étais à 500 mètres à vol d'oiseau de l'usine quand elle a explosé, j'habitais sur les hauteurs de Rangueil. Donc effectivement, quand je parle de moments forts, celui-là en fait évidemment partie. Heureusement pour ma famille, on s'en est tous sortis sains et saufs, on était tous dans la maison, il n'y a même pas eu de blessés, mais quand l'expert de l'assurance est venu nous voir pour estimer les dégâts, il a commencé par nous demander s'il n'y avait pas eu de victimes. Ça a fait bizarre.

Maintenant ça fait un moment que vous êtes parti, vous avez fini votre carrière au Havre où vous vous êtes reconverti en tant que dirigeant (il est aujourd'hui directeur sportif du Havre, ndlr), est-ce que l'envie de revenir à Toulouse pour avoir un rôle au sein du club vous a un jour titillé ?

J'ai la chance d'avoir une belle reconversion ici au Havre où je prends beaucoup de plaisir dans ce que je fais, donc je ne me suis jamais projeté ailleurs, mais je suis de très près l'activité du TFC tous les week-ends bien sûr.

Et on ne sait jamais...

On ne sait jamais.

Que représente pour vous le fait que le TFC fête aujourd'hui ses 80 ans ?

C'est le top, tout simplement. C'est un bel anniversaire, avec un belle affiche. Ça prouve qu'il y a du bon travail de fait, depuis plusieurs années. 80 ans, ça veut dire que c'est un club qui dure. Bon, moi aujourd'hui, je suis dans le plus vieux club de France, on a fêté les 140 ans en 2012 (rires). On avait fait une belle fête et organisé un match avec les anciens du Real Madrid, dont Zidane faisait partie. Pour le TFC, ce sera l'OM, c'est bien aussi.

Vous avez eu vent des inquiétudes que pouvaient avoir certains vis-à-vis de cette affiche justement et du fait que Marseille rameute toujours beaucoup de supporters au Stadium. Vous qui avez connu ce stade en tant que joueur, vous sentiez déjà qu'à votre époque ce n'était pas toujours facile de le remplir avec des Toulousains ?

En même temps, dans la même ville, vous avez le meilleur club de rugby d'Europe, donc ce n'est pas évident. Mais malgré tout, je me rappelle que même en Ligue 2 ou en National, on arrivait à faire venir 20 000 spectateurs à certains matches, donc on s'en sortait quand même. Je n'ai jamais eu à me plaindre de ça, j'ai toujours trouvé qu'il y avait une vraie ferveur. Alors c'est peut-être aussi parce qu'on vivait une aventure assez exceptionnelle à ce moment-là...

Quel joueur retiendriez-vous de ces 80 ans d'histoire du club ?

J'ai surtout envie de parler de mes collègues, ceux qui ont relevé le défi avec moi. William (Prunier), Steph' (Stéphane Lièvre), et Banca (Anthony Bancarel) qui nous avaient rejoints. Ce sont ces joueurs-là qui m'ont marqué, parce qu'il y avait plus que du sportif entre nous, il y avait de l'amitié.

Un mot sur le TFC d'aujourd'hui pour finir. Comment jugez-vous la dernière année du club avec ce maintien miraculeux ?

Je pense que ce club est en progression, que son expérience de la saison passée va lui servir pendant plusieurs années maintenant. C'est un club qui évolue tout en étant stable. Ce que j'ai constaté quand je suis passé les voir récemment, c'est que c'est du travail qui va dans le bon sens.


Elie Baup : "on a commencé à rêver un peu"

Elie Baup est l'une des figures les plus marquantes de l'histoire du TFC. Formateur (1984-1991), puis entraîneur (2006-2008), il a été témoin du passage en Ligue des Champions des Violets, de l'éclosion de Fabien Barthez...Bref, d'une bonne partie de l'histoire du TFC.

Après le passage en Ligue des Champions, les Violets ont connu plusieurs années un petit peu difficiles. Un trou d'air qui a connu son apogée avec la démission de Dominique Arribagé et s’est terminé avec l'arrivée aux commandes de Pascal Dupraz, vu par beaucoup dans la Ville rose comme un sauveur.

 

 


L'électrochoc Dupraz


 

14 mai 2016. Le TFC de Pascal Dupraz a pour la première fois depuis plusieurs mois son destin entre les mains. S'il l'emporte ce soir sur la pelouse d'Angers, il sera sauvé de la relégation. L'enjeu est incroyable et inespéré au regard de la situation catastrophique dans laquelle était plongée l'équipe quand l'entraîneur savoyard est venue la prendre en charge : 10 points de retard sur le 17e, à 10 journées de la fin. À la faveur d'un sprint final rondement mené (4 victoires, 3 nuls, 2 défaites), portés par une foi insensée, les joueurs toulousains ont réalisé l'exploit de se sortir de la zone rouge lors de l'avant-dernière journée en l'emportant contre Troyes (1-0). Mais la joie ressentie au Stadium ce soir-là ne sera rien en comparaison de celle qui les submergera au moment du but du 3-2 de Yann Bodiger. Cette victoire arrachée aux Angevins après avoir été mené deux fois au score restera comme l'un des plus beaux moments de l'histoire du club, de ceux dont on parle pendant des années et des années après qu'ils aient eu lieu. Grâce à la dramaturgie du scénario, grâce aussi à ce discours fabuleux de Pascal Dupraz immortalisé par les caméras de J+1 avant d'entrer sur la pelouse.

La causerie de Pascal Dupraz avant le match d'Angers :

Vous méritez de vous maintenir. Ça fait deux mois et demi que je vous dis que vous allez vous maintenir. Le problème c'est pas tant de savoir si je vais passer pour un con, c'est de savoir si vous avez la capacité intellectuelle, physique, et technique de le faire ! C'est maintenant qu'il faut le faire, pas demain, ni hier. C'est maintenant. Il n'y a plus qu'à manger : le couvert est dressé. C'est magnifique, juste avant de partir en vacances. Au dernier moment, on passe la tête. Et ce qu'il y a de bien, je m'en suis rendu compte, c'est que je ne suis pas le seul à vous aimer (Il désigne les membres du staff du TFC assis dans la salle). Avec pudeur, ils n'osent pas vous le dire, mais ils vous aiment. Les supporters aussi. Ils vous l'ont montré. Qui aime bien châtie bien. Ils vous ont un peu châtié, mais depuis quelque temps, ils vous montrent qu'ils vous aiment. Allez d'accord, c'est pas le plus important : le plus important c'est ce qu'on va voir ensemble (Il s'apprête à diffuser une vidéo préparée par son monteur). Parce que là pour sûr, ce que qu'on voit, c'est incontestable : des gens qui vous aiment, des gens qui attendent ce soir, de vous retrouver, ou de vous retrouver ce matin. Parce que certains sont trop jeunes et seront au lit quand vous rentrerez. Ils attendent de vous serrer dans leurs bras ! On regarde ces images avec pudeur et avec conviction. Et si l'un d'entre vous sort de cette salle en ayant vu ces images et me dit qu'il n'est pas convaincu qu'on va les «torcher» pour rester en Ligue 1… Personne ne va allumer son téléphone à la mi-temps parce qu'on ne va pas faire un aveu de faiblesse. On a besoin que de nous pour se maintenir. Ouvrez les yeux, ouvrez les oreilles ! C'est juste beau, c'est juste votre vie… (La lumière s'éteint dans la salle : la projection de la vidéo débute. On y voit des proches des joueurs, parents, femmes, enfants, encourageant tour à tour les Violets. Plusieurs joueurs sont émus aux larmes. La lumière se rallume). À l'issue de la rencontre, vous serez des héros. Et on vous devra le fait d'avoir laissé le club en Ligue 1. On saura le souligner. Allez, bon match à tous (des applaudissements retentissent dans la salle).

 

Dupraz, de l'intérieur

L'emblématique entraîneur du TFC depuis le 1er mars 2016, laisse tout sauf indifférent. Bonds de cabri sur son banc de touche, punchlines lors de ses conférences de presse d'avant ou d'après-match, l'homme de terrain est un acteur de théâtre, qui occupe l'espace scénique et fait les choux gras des médias. Mais comment Pascal Dupraz vit-il « en dehors de l'écran » ? Arrive-t-il à déconnecter du foot ? Nous sommes allés à la rencontre de ses proches, femme et fils, qui le racontent au quotidien. Coach Dupraz vu par ses intimes, c'est parti...

Doux, dur et dingue. « C'est quelqu'un d'extrêmement attentionné, témoigne sa femme Mireille, voire de protecteur envers son entourage. Pascal est également très galant, pour ainsi dire vieille-france : du genre à m'ouvrir la portière de la voiture.»

« Il ne m'a jamais fait de cadeaux au boulot, poursuit son fils cadet Julian qui était attaché de presse, responsable de la communication puis directeur général des services quand son père entraînait l'Évian/Thonon-Gaillard (2012-2015). Et je n'ai pas beaucoup à chercher pour me rappeler quelques engueulades de derrière les fagots ! »
Pierre-Emmanuel, son autre fils, termine de brosser le portrait via une anecdote – cassante : « On était dans la file d'attente du McDrive à Annemasse (Haute-Savoie), d'un coup il y a un Suisse qui nous double puis pile juste devant notre voiture. Papa lui demande des explications, et là le type lui répond par un... doigt (sic). J'étais ado, j'avais 14-15 ans mais je m'en souviendrai toute ma vie : avec sa paume de la main, en deux temps trois mouvements, mon père lui a brisé la vitre conducteur... »

 

Julian, son fils cadet : « Le jour où je lui ai dit que j'arrêtais le foot... »

Pascal Dupraz, 54 ans le 19 septembre dernier, est comme ça : une personne foncièrement gentille, qui peut se montrer sévère et « qu'il ne faut pas emmerder du haut de son 1m72 », balance dans un grand éclat de rire Pierre-Emmanuel, 32 ans. L'aîné, dans le milieu du trading à Genève, était le mieux placé pour assurer la continuité footballistique de la patte gauche Pascal Dupraz (1980-1991, joueur en D1 et D2 : Sochaux, Thonon, Brest, Mulhouse, Toulon, Gueugnon). « J'ai davantage évolué en CFA, concède le jeune homme, mais au compteur j'affiche ma bonne vingtaine de matches en National. Autant papa fut un père juste à la maison, autant en ce qui me concerne au foot... j'aurais dû plus jouer. » Interpellé, le coach le reconnaît : « PED » était un honnête milieu défensif à Croix-de-Savoie [ancienne appellation, pour faire court, de l'ETG], qui s'amuse aujourd'hui en 2e Ligue suisse. « À Plan-les-Ouates près de Saint-Julien en banlieue genevoise, précise le N°6. C'est du niveau DHR en France, 7e division quoi. »
L'autre fiston, lui, avait les pieds carrés. Ou pas loin. « Ce n'était pas mon trip, confirme Julian, 27 ans, créateur et chef d'entreprises (marketing sportif et gestion des réseaux sociaux) et aussi enseignant en Rhône-Alpes. À l'époque, j'étais un peu bouboule comme on dit ; ensuite, je n'aimais pas les à-côtés et ces parents qui mettaient la pression à leurs gamins... Je me revois le soir-même où j'ai dit stop. On mangeait une raclette, je me suis levé, je me suis planté devant la table familiale et j'ai déclaré solennellement, à 7 ans : ''J'arrête ma carrière de footballeur.'' Mon père ne m'en a jamais voulu. »

Pierre-Emmanuel, l'aîné : « Papa est un sacré blagueur ! »

Respectueux et respecté. L'homme sait écouter ; le père de famille est redouté.      « Lorsqu'on faisait une bêtise, se remémore ''JD'', un regard ou un mot de sa part suffisait pour comprendre qu'on avait fauté. On ne voulait pas le décevoir non plus car lui a toujours été un fonceur, un sacré bosseur. » « Il s'est assuré de nous inculquer les vraies valeurs, complète le frère de Julian, oui il pouvait se montrer autoritaire, mais c'était à chaque fois pour la bonne cause. »

« En résumé, dit Pierre-Emmanuel, papa est franc, entier, pas hypocrite pour un sou. Je suis pareil et ça peut me poser des problèmes. Tant pis : j'assume comme lui. Ah ! j'oubliais, cependant vous l'avez remarqué : c'est un grand blagueur... J'ai aussi hérité de ce côté. »
Grand optimiste, ajoute Julian : « Il tient ça de son père, Jo, un des fondateurs de l'ETG. »

Décédée en septembre 2015, la figure paternelle veille toujours, « de là-haut », sur Pascal. Le soir du miracle à Angers, samedi 14 mai 2016, lors de l'ultime journée de Championnat [rappel : se maintenir en L1 après avoir compté 10 points de retard sur le premier non-relégable à 10 matches de la fin, ça ne s'était jamais fait], l'entraîneur-sauveteur du Tef y a pensé fortement. Le fameux pull-over quadrillé, qu'il portait fièrement pour entrer dans l'Histoire, c'était celui de Jo. Ils l'avaient acheté ensemble, avant sa mort.
Le bonhomme est superstitieux en diable – à Annecy, il avait pour tradition d'avoir les deux poches de sa veste garnies un jeton de poker dans la gauche, une pince à billets dans l'autre. Ce qui ne l'empêche pas de plaisanter avec la faucheuse (il sait de quoi il parle : infarctus en 2001, alerte cardiaque en 2015).  Quatre jours après son arrivée sur les bords de Garonne en remplacement de Dominique Arribagé, Pascal Dupraz tombe en syncope au milieu de la séance d'entraînement. À son retour, une semaine après, c'est cette phrase qu'il lancera à ses joueurs :        « Vous pensiez éliminer un autre entraîneur ? Raté ! »

 

Mireille, sa femme : « Pascal est galant, agréable, cool »

L'humour en bandoulière. Mireille, 53 ans, ancienne commerçante dans la parfumerie et la déco d'intérieur, le subit « volontiers » tous les jours. Après dix ans à ses côtés – « on s'est connus jeunes puis on s'était perdus de vue », Pascal l'a épousée, en cercle privé, au mois de juin : « Le 18, sourit-elle, un autre appel... Il est très facile et très agréable à vivre. Capable de m'offrir des fleurs sans raison apparente. Parce qu'il en a envie, tout simplement. Bien sûr qu'il refait les matches à la maison, mais de moins en moins ; il a progressé, glisse celle qui prochainement s'occupera de l'image de son entraîneur de mari. Il est calme, cool, pas stressé du tout. Bon, après, quand il s'énerve, il ne fait pas semblant. Il faut se planquer derrière les meubles ! »
Un peu, beaucoup, à la folie comme sur le pré vert.


L'ambition retrouvée des Pitchouns

Au TFC plus qu'ailleurs, la valeur n'attend pas le nombre des années. Le centre de formation n'ayant plus besoin de prouver sa qualité, il n’est pas rare de voir de (très) jeunes joueurs revêtir le maillot de l’équipe première pour quelques apparitions. Et même plus. Depuis l’arrivée de Pascal Dupraz aux manettes, les Pitchouns ne se contentent plus du statut de joker. Certains sont devenus des joueurs incontournables de l’effectif et incarnent l’ambition nouvelle du club après deux saisons à flirter avec la relégation.

Alban Lafont est peut-être celui qui incarne le mieux cette nouvelle dynamique. Utilisé pour la première fois par Dominique Arribagé en novembre 2015, le jeune gardien est depuis devenu le titulaire indiscutable à son poste. Et il n’est pas un cas isolé. Lancé le même soir qu’Alban Lafont, Issa Diop connaît un parcours similaire malgré quelques pépins physiques à l’automne 2016. La génération 1995-1996 n’est pas non plus en reste. D’abord lancé par Dominique Arribagé, Yann Bodiger prend un nouvel envol grâce au flair de Pascal Dupraz le 14 mai 2016, lors de la dernière journée de Ligue 1. Très peu utilisé jusque là par l’entraîneur savoyard, celui-ci décide pourtant de le faire rentrer en jeu à la 66e minute, sentant qu’il lui « faut un pied gauche ». Moins d’un quart d’heure plus tard, Yann Bodiger inscrit le but de la victoire et du maintien d’un superbe coup franc. Aujourd’hui, le héros d’un soir a gagné sa place dans l’effectif et forme le duo de l’entrejeu avec Alexis Blin, un autre de la génération 1995-1996.

La philosophie du jeunisme, Pascal Dupraz continue toujours de l’appliquer lors de cette saison 2016/2017. Lors de la rencontre contre Lille au stade Pierre-Mauroy en septembre 2016, Pascal Dupraz fait entrer deux Pitchouns à l’heure de jeu : Mathieu Cafaro et Clément Michelin. A ce moment-là, sur les onze Violets présents sur le terrain, sept ont été formés au club : Alban Lafont, Steeve Yago (capitaine), Issa Diop, Yann Bodiger, Alexis Blin, Clément Michelin et Mathieu Cafaro. Au mois d’octobre, le quotidien italien « La Gazzetta dello Sport » réalise une étude sur l’âge moyen des équipes en Europe. A ce petit jeu, le TFC arrive en tête avec une moyenne de 23 ans et 90 jours, juste devant Nice (24 ans et 63 jours) et Leipzig (24 ans et 95 jours).

Et ces chiffres ne sont qu’une moyenne. L’équipe ayant battu le Paris Saint-Germain au Stadium lors de la 7e journée (2-0) affichait une moyenne d’âge de 22 ans et 1 mois. Mieux encore : l’ouverture du score était à mettre au crédit de Yann Bodiger, qui transformait un penalty obtenu par Ola Toïvonen.

Qui dit bonnes performances en club, dit bien souvent récompense sur la scène internationale. Les Pitchouns n'échappent pas à la règle. Toujours plus nombreux à se faire une place dans l’effectif professionnel, ils le sont également dans les sélections nationales. Au mois de juillet 2016, Issa Diop et Clément Michelin remportent ainsi l’Euro U19 en Allemagne avec les Bleuets. Depuis, Odsonne Edouard et Derick Osei Yaw ont connu leurs premières sélections avec cette sélection tandis qu’Issa Diop est lui passé chez les Espoirs, tout comme Alexis Blin. Alban Lafont fait, lui, ses armes avec les U18. Une chose est sûre, les jeunes pousses du TFC n’ont pas fini de porter haut les couleurs de leur pays au niveau international.

 


La parole aux supporters


Le TFC peut compter sur un véritable vivier de supporters. L'inconditionnel des Violets est fidèle, oui, mais caractériel. Il sait se faire entendre aussi bien pour soutenir son équipe que pour la critiquer lorsque cela ne va pas bien. Sans en devenir versatiles, les fans ont parfois boudé les leurs. C'était notamment le cas peu avant l'arrivée de Pascal Dupraz au club. Mécontents des résultats et de la probable relégation qui se profilait, les supporters ont boudé les matches, multiplié les banderoles véhémentes et même tenté de pousser l’entraîneur de l'époque, Dominique Arribagé, vers la sortie. A club de caractère, supporters de caractère, mais compte tenu de la ferveur des matches au Stadium, une chose est sûre, pour certains, c'est Violet un jour, Violet toujours !


Des fans emblématiques

Comme tous les clubs qui prennent de l'âge, le TFC compte son lot de supporters atypiques. Un fan chypriote, inconditionnel des Violets,qui se lie d'amitié avec Pascal Dupraz et certains joueurs à distance, c'est rare. Un fan qui anime la communauté Twitter et crée un site dédié au TFC ce n'est pas non plus commun.


Andreas Nittis

Il est peut-être le supporter toulousain le plus connu du moment et pourtant il habite à Chypre. Depuis qu'Andreas Nittis a fait tatouer sur son bras le discours de Pascal Dupraz avant le match du maintien à Angers le 14 mai dernier, les médias français se sont intéressés de près à ce jeune homme que tout le monde connait au TFC. Sa passion pour le club lui permet même d'entretenir une certaine complicité avec plusieurs joueurs ainsi qu'avec... Pascal Dupraz. Rencontre.

Peux-tu te présenter ?

Mon nom est Andreas Nittis et je suis un jeune Chypriote de 21 ans né à Limassol. Je suis actuellement étudiant à l'université de Chypre pour devenir instituteur en école maternelle. Entre 2013 et 2015, j’ai fait mon service militaire, un passage obligatoire ici à Chypre. Et bien sûr, comme vous le savez, je suis complètement accro au TFC. C’est la seule chose que je garde en tête en toute occasion.

Qu’est-ce qui t’a fait aimer ce club plus qu’un autre ?

L’atmosphère qui y règne, assez familiale entre et avec les supporters et qui me permet d’avoir une relation privilégiée avec pas mal de joueurs du club. Regattin, Ahamada, Trejo, Braithwaite, Spano… J’ai toujours eu des contacts avec eux et j’en ai aujourd’hui avec le coach. C’est quelque chose qui me fait me sentir spécial, comme si je faisais partie de la famille. C’est ma plus grande joie et ce qui me donne envie de continuer à supporter le TFC.

D’accord, mais comment as-tu découvert le club à la base ?

Ça remonte à 2005… Tous les gars d’ici étaient des fans de Lyon, parce que le club remportait tous les titres à cette époque. Moi, je ne voulais pas les suivre. J’ai toujours aimé sortir un peu du lot et je voulais un club qui sorte de l’ordinaire. Donc j’ai regardé un peu les autres clubs du championnat de France en en cherchant un qui combine un bon effectif, une certaine ambition et une atmosphère familiale. Le TFC était la seule équipe à mes yeux qui réunissait tous ces critères. J’en ai été convaincu après avoir longuement parlé avec ses supporters sur Facebook.

On devine que du coup, tu n’as pas beaucoup regardé de matches du TFC avec tes amis…

Non, je les regarde toujours tout seul ou avec mon père qui est le seul à s’intéresser aussi à ma passion. Je me mets devant l’ordinateur, maillot et écharpe du TFC sur les épaules. Les autres ne sont pas intéressés par ce club.

Ça n’est pas trop difficile d’être le seul fan du TFC dans ton entourage ?

Au début c’était très difficile parce que j’étais quasiment victime de harcèlement, tout le monde se moquait de moi. Pour les autres, le TFC est une équipe quelconque. Mais maintenant que j’ai créé cette si belle relation avec mon équipe au point qu’on en a parlé aussi ici à Chypre, je ne ressens pas le besoin d’être compris par les autres chez moi. En plus, j’ai désormais le soutien de mes amis à Toulouse avec qui je discute beaucoup, des joueurs et de notre coach adoré que j’apprécie énormément.

Le fait que tu aimes à ce point le TFC et que les médias français aient parlé de toi, ça t’a apporté un peu de célébrité chez toi à Chypre ?

Quelques articles ont été écrits sur des sites d’information sportive, mais je ne dirais pas que je suis vraiment connu, en tout cas bien moins qu’en France . Ici les gens ne supportent que Paris ou Lyon, ce sont des footix.

Pour nous, Français, c’est étrange de se dire que des Chypriotes peuvent être fans de club français plutôt que des clubs anglais ou espagnols. Comment tu l’expliques ?

Les Chypriotes s’intéressent effectivement beaucoup aux championnats anglais et espagnol, mais les 7 titres consécutifs de Lyon ont attiré l’attention sur la Ligue 1. Maintenant qu’il y a aussi le PSG dans la lumière, ça continue à nous intéresser. Le championnat français est considéré parmi les meilleurs en Europe.

Pascal Dupraz avait dit après avoir découvert le tatouage que tu t’étais fait de son speech avant Angers qu’il t’inviterait à venir à Toulouse. Qu’en est-il ?

On est toujours en contact et il y a quelques jours, il a promis de prendre en charge la totalité des frais qu’engagera mon prochain voyage à Toulouse. Ce n’est pas rien car il s’agit de deux semaines d’hôtel au moment des deux premiers matches de la saison prochaine. C’est un cadeau énorme de sa part, parce qu’avec le billet d’avion aller-retour, ça devrait lui coûter environ 1000€ !
Ça méritait bien quelques nouveaux tatouages. J’en ai fais un du Stadium et un du coach.

Par contre, ça veut dire que tu ne seras pas là pour célébrer les 80 ans du club…

Je serai en Grèce à ce moment-là dans le cadre de mes études mais j’ai déjà averti les profs qu’au moment de TFC-OM, je serai devant mon écran peu importe ce qui se passe. Malheureusement, c’est trop compliqué pour moi de venir deux fois par saison. Je travaille tous les étés pour mettre assez d’argent de côté pour mon prochain voyage à Toulouse, mais je dois en garder aussi pour mes études…

Tu as dit que tu avais des contacts réguliers avec certains joueurs actuels, du TFC...

Dans l’équipe actuelle, j’ai les numéros de Trejo et Braithwaite et je communique avec les autres via Facebook et Instagram. Mais celui avec qui j’échange le plus, c’est notre coach que j’admire tellement.

Son discours lors du sauvetage du TFC, c’est ton meilleur souvenir ?

Absolument. Je n’ai jamais ressenti autant de stress suivi d’un tel bonheur au final. Encore aujourd’hui, je suis tellement fier de ce que l’équipe a accompli ! C’était fantastique. On est revenu de nulle part et on a démontré que la passion pouvait tout surpasser. Grâce aux tatouages que je porte sur ma peau, ces souvenirs ne me quitteront jamais.

La prochaine question sera ardue : quel est ton joueur préféré de l’histoire du TFC ?

Très difficile en effet… Je dirais que c’est celui avec lequel j’ai toujours eu d’excellentes relations, encore aujourd’hui alors même qu’il est parti du club. C’est celui dont je m’occupe de la page de fans sur Facebook : Ali Ahamada.

Tu apprécies l’équipe de cette année, avec les nouveaux joueurs qui ont débarqué cet hiver ?

Je les adore ! L’équipe est brillante. On a réussi à faire de bons résultats face aux très grosses équipes. Je suis déjà fan de Delort dont j’ai acheté le maillot.

Le match des 80 ans va se jouer face à l’OM. On se souvient qu'en janvier, on a eu l'impression de voir plus de Marseillais que de Toulousains au Stadium... Est-ce que ça t'inquiète ?

Les Marseillais ne me font pas peur, ce sont nos supporters qui me font peur, ceux qui ne font que rarement leur devoir d’aller au Stadium. Sur le terrain, nous avons largement les moyens de les battre, mais ce serait une honte si notre stade n’était pas à nos couleurs.

Que représentent les 80 ans pour toi ?

De la fierté. Tous les jours dans ma voiture, je me passe cette vidéo en boucle.

C’est très agréable de sentir que ton club est en train de devenir plus grand et a généré tant de superbes souvenirs. J’en discute tous les jours avec mes amis et on est tous d’accord pour dire que tout ce que fait le club autour de cet anniversaire (le logo, le maillot spécial, les vidéos…) donne envie de le fêter.


@Bière_Gougnoux

Les assidus de la twittosphère le connaissent très bien. Derrière le pseudo @Biere_Gougnoux se cache l'un des plus fidèles supporters du TFC. Dans la lignée du club toulousain et de sa communication pleine d'auto-dérision, il n'hésite pas à "tailler" gentiment les joueurs d'un club qu'il aime pourtant plus que tout. Interview 2.0 avec un fan tout-terrain.

La question que tout le monde se pose pour commencer… Qui se cache derrière @Biere_Gougnoux ?

Un supporter fou amoureux du TFC qui a entre 7 ans et beaucoup plus et qui est plutôt fan des tracteurs-tondeuses et des strings masculins.

Tu tiens à ton anonymat…

Le mien pas spécialement, mais je suis plutôt actif sur les réseaux sociaux et, comme Dallas en son temps, c'est un univers impitoyable, du coup c’est plus pour mes proches.

Fan du #TFC depuis toujours ?

Depuis très longtemps supporter et fan depuis l’épopée des #Pitchouns. Mais si cette question est un piège pour connaître mon âge, alors non, je n’ai pas connu la totalité des #80AnsDeFootballS qu’on célèbre cette année ;)

Tu lis dans notre jeu… Ta passion t’a poussé à créer un site : @CapitoleFC...

Ouep, pas seul bien entendu, même si ça a été compliqué de trouver des gens assez tordus pour me suivre dans cette aventure. On s’y amuse à parler de l’actu du club avec un ton décalé. On ne donne pas d’infos pour la bonne raison que nous n’en avons pas et parce qu’on s’est dit que l’important c’est surtout les trois points.

Tu vas souvent au #Stadium ?

À part quand mes enfants arrivent à sortir de la cave à mon insu, j’y suis à tous les matches, il se murmure d’ailleurs que le #TFC songe à me faire payer un loyer.

Tu résides donc près de #Toulouse et tu es assez âgé pour être parent, on avance… Tu y seras pour les #80AnsDeFootballS ?

Je ne peux pas rater ce match, il entrera dans l’histoire du club. J’ai la conviction que les Toulousains répondront présents et que bien que nous recevions l’OM ce jour là, le Stadium sera violet. Le maillot collector, la fête d’anniversaire, les surprises sans doute réservées par le #TFC… HORS DE QUESTION que je rate tout ça. Et puis bon, j’ai postulé pour être le stripteaseur qui sortira du gâteau sous les yeux du président Sadran.

Au risque de dévoiler ton identité, c’est courageux. Pas trop peur de croiser tous ces Marseillais ?

Je crois surtout que c’est une formidable occasion de leur montrer qu’ici c’est #Toulouse, pas la succursale de Chelsea et du Bayern. Je n’ai pas peur de les croiser en temps normal, alors encore moins pour les #80AnsDeFootballS

Cet anniversaire représente beaucoup pour toi, notamment après ce que le club a vécu la saison dernière ?

Au-delà de la presque relégation que nous avons connu, c’est de l’identité du club dont il s’agit. Que ce soit en L2 ou en L1 le #TFC fait 80 plombes en 2017 et c’est une belle occasion de se rappeler ou pour certains de découvrir l’histoire, le passé, le palmarès (lol) et l’attachement régional de notre club. Donc oui je suis heureux de pouvoir le faire contre l’OM plutôt que contre Orléans, mais je l’aurais fait quand même sans ce que nous avons connu la saison passée. Disons que ce sera champagne plutôt que crémeux grâce à ça.

Le fait que le #TFC se montre ambitieux après tout ces sueurs froides doit faire plaisir au fidèle que tu es.

@AndyDelort9 @CorentinJean7 @Chri6Vif (Christopher Jullien), le recrutement toulousain a de l’allure cette saison ! Oui c’est certain que c’est assez sexy. Je pense que le club a réalisé certaines de ses erreurs. Et je me réjouis aussi de la fin du trou d’air qu’a connu le centre de formation, c’est aussi grâce à ça qu’on peut maintenant faire venir des joueurs avec un calibre un peu plus important. Et puis ce #TFC qui attire de nouveau ça fait plaisir, c’est comme en soirée quand tu sors avec le beau gosse de ton entourage, tu sais que tu auras de jolies choses sous les yeux.

Si tu ne devais choisir qu’un souvenir à garder, à chérir, à choyer, de ta longue histoire d’amour avec le #TFC, ce serait lequel ? Tu n’as droit qu’à un joker.

Haha le piège ! Je pourrais citer le match contre Bordeaux qui nous envoie jouer Liverpool, ou ce match à Angers le 14 mai dernier, mais comme dans la question il y a le verbe chérir, je vais opter pour le match hommage à Brice. J’aurais voulu ne jamais connaître cette émotion mais c’est sans nul doute la plus forte que j’ai connue avec le TFC. Et je veux choyer et chérir ce souvenir.

Une vraie réponse de supporter !

Pour le coup je crois que cet événement permet de prendre un peu de recul sur les choses importantes. Finalement, perdre un match c’est pas très grave.

Parallèlement, s'il ne devait rester qu’un joueur dans le cœur du supporter que tu es, ce serait lequel ?

Je dirais Revault. Parce que lorsque le #TFC est relégué sportivement puis administrativement, il reste au club. Alors y’avait aussi ses potes mais je le cite lui parce que : 1/ Fort caractère 2/ Poste bien spécifique 3/ Il a aussi ramassé au moment d’AZF.

En plus d’aller au stade et de rester ultra-fidèle au #TFC, tu fais parler de ton club par le biais des réseaux sociaux et de ton site internet, tu participes à sa bonne image. Tu te vois comme le prototype du supporter 2.0 ?

Houla ! Je ne suis pas certain d’être un prototype, ou alors une version beta qui demande encore beaucoup d’améliorations. J’aime me moquer des joueurs qui mangent la feuille, j’aime chambrer un joueur qui aura pris un but casquette mais c’est toujours bienveillant. Sur Twitter, le réseau sur lequel je suis le plus présent, on est nombreux à faire ça avec nos clubs respectifs. La différence c’est surtout que le #TFC en tant qu’institution le fait aussi. C’était le premier club à user de l’autodérision, de l’humour, les autres s’y mettent mais on reste #AJamaisLesPremiers (poke les Marseillais). Alors oui je suis un supporter 2.0 mais il ne faut pas oublier que c’est au Stadium qu’on encourage son équipe, pas sur le web.

Malgré tous ses efforts, notamment sur internet comme tu l’as souligné, le #TFC peine à rameuter régulièrement ses supporters. Comment tu l’expliques ? Qu’est-ce qui pourrait faire changer ça ?

Une femme de ménage beaucoup plus occupée. Il faudrait commencer par lui fournir un trophée à nettoyer. Il y a longtemps eu la concurrence du rugby mais je ne pense pas que ce soit LA raison. Pour preuve, feu Midi-Pyrénées compte plus de licenciés au foot qu’à l’ovalie. Finalement quand on regarde l’histoire du club, ce TFC là est tout jeune, il a tout à (ré)écrire. Avec un peu plus de régularité dans la première partie de tableau ça devrait augmenter progressivement. Quand on se qualifie pour le tour préliminaire de la CL, il n’y a pas beaucoup plus de monde l’année suivante. Pareil quand on se qualifie pour l’Europa League, en revanche, cette année a vu le nombre d’abonnés fortement augmenter. L’effet Dupraz sans doute mais aussi cet incroyable exploit qu’a été la Remuntada. Donc une autre grosse perf', comme une coupe nationale ferait un bien fou au club.

Ce ne sera pas pour cette année, mais je suis sûr que tu as un message plein d’optimisme à faire passer à tes coéquipiers de tribune pour bien boucler cette interview…

Notre Toulouse FC attire de nouveau des joueurs qui offrent du spectacle, notre Toulouse FC est de nouveau une équipe capable de battre tout le monde (bon ok, de perdre aussi) et sans les supp’ le Toulouse FC ne serait plus notre Toulouse FC. Alors venez au Stadium, venez y faire du bruit et je suis certain que notre Toulouse FC vous récompensera en vous offrant des sensations fortes à partager. Et pensez déjà à vos places pour les #80AnsDeFootballS. Le Stadium c’est chez nous.

Merci beaucoup @Biere_Gougnoux. Ton identité restera un mystère, mais on n’a plus de doute sur ta foi.

 

Les associations de fans

Les fans clubs du TFC sont nombreux, tant leurs supporters aiment se regrouper durant les matchs de leur équipe de football préférée. Multi-générationnelles, ces associations rassemblent au-delà des cultures tous les passionnés des Violets.

Ensemble, ils se déplacent afin de soutenir le TFC face aux équipes adverses. Entre convivialité et bonne humeur, chaque association brandit son logo mais s'unit derrière un hymne populaire, le « Se Canto », et deux couleurs : le violet et le blanc.

    Se canto que canto, Canto pas per you, Canto per ma mio, Qu'ès alen de you

Parmi eux, on retrouve les inconditionnels «Visca Tolosa», les «Supporters des violets», le «Fan club» mais aussi les «Indians», le «Viola club» ou encore les «West eagles» et les «Forza viola FC» dont l’ensemble des contacts sont à retrouver sur le site officiel du club.

Mais que serait un match du TFC sans la ferveur des Indians ? Pour ces supporters, le match se joue autant sur le terrain que dans les tribunes avec les tambours, le rythme des chants et la gestuelle des corps. Une fois munis de leurs drapeaux, écharpes et de leurs sigles, les Indians sont prêts à suivre leur équipe dans tous ses déplacements avec des voyages en car quelque peu festifs…

 


Le TFC, champion des réseaux sociaux


Les équipes de Ligue 1 sont prévenues : sur le terrain des réseaux sociaux, le TFC est un adversaire coriace. Avec plus de 800 000 fans cumulés entre Facebook, Twitter et Instagram, le club aurait de quoi remplir près de vingt-cinq fois le Stadium. Rien que ça. Et pour satisfaire cette communauté qui ne cesse de s'étoffer, la petite équipe éditoriale multiplie les exercices : partage de photos, vidéos, articles, annonces exclusives ou encore live-tweet des rencontres. A l'heure du 2.0, le TFC maîtrise parfaitement sa communication digitale. Il faut dire que le club s'est lancé dans l'aventure numérique depuis bien longtemps déjà. Après le lancement du site officiel en 2002, le TFC a été la première équipe de Ligue 1 à lancer sa chaîne Dailymotion en 2008 avant que le compte Twitter ne suive un an plus tard.

Aujourd'hui, le club est une référence en matière d'usage des réseaux sociaux. Mais plus que d'être présent sur la toile pour ses supporters, le club a surtout su imprimer sa marque : celle de l'humour et de l'autodérision. Au travers d'initiatives comme la lettre à Zlatan Ibrahimovic pour son anniversaire, la publication d'une photo sur l'état de la pelouse du Stadium ou encore les appels du pied à Beyoncé, le club s'est posé en agitateur de la Ligue 1. Alors forcément, le succès est là et il n'est pas rare que les compteurs s'affolent. En 2014, la vidéo publiée dans les dernières heures du mercato hivernal annonçant l'arrivée de la nouvelle recrue Thomas Ngijol a été vue plus de 560 000 fois. A l'automne 2015, l'annonce sur Twitter de la présence de Beyoncé pour TFC - Angers est relayée 1 800 fois. Sans être le club le plus populaire, le plus titré ou le plus riche de Ligue 1, le TFC a réussi à sortir son épingle du jeu. La preuve que les (bonnes) idées sont parfois encore suffisantes.


Les "Buzz" du TFC

Comme tous les clubs de football influents, le TFC sait faire parler de lui sur les réseaux sociaux. Coups de publicité ou coups de communication, le club de la Ville rose ne recule devant rien pour agrandir sa communauté. Et ça marche ! De Beyoncé à Christiano Ronaldo en passant par LeBron James, de nombreuses stars ont failli venir à Toulouse pour soutenir le club ou jouer au TFC.

Cristiano Ronaldo (août 2013) : grâce à un article du Gorafi, on parle du TFC dans le monde entier. Le 28 août 2013, le site parodique publie un article intitulé « EXCLUSIF : le club de Toulouse négocierait avec le Real Madrid le transfert de Cristiano Ronaldo contre 2 avions A380. » Dans la foulée, le TFC confirme « l’info » sur Twitter, avec une photo de l’A380 en question, accompagnée du hashtag #HalaToulouseFC, en référence au Hala Madrid, cri de ralliement des supporters du Real.

Le club publiera ensuite un photomontage du quadruple Ballon d’or avec le maillot sous lequel brillent alors Étienne Didot et Ali Ahamada. L’image est reprise - au premier degré ou pas – par des sites du monde entier.

Thomas Ngijol et Fabrice Éboué (janvier 2014) : Cristiano Ronaldo finalement resté à Madrid, le TFC se rabat sur six mois plus tard sur un joueur prometteur : Thomas Ntop, arrivé du Tonnerre de Yaoundé. Venu se relancer pour retrouver l'équipe de France en vue de la Coupe du monde au Brésil, il affirme vouloir marquer une vingtaine de buts d’ici la fin de la saison.

L’imposture ne dure pas longtemps, car les fins connaisseurs de l’humour francophone ont reconnu Thomas Ngijol et Fabrice Éboué, alors en pleine promotion de leur film Le Crocodile du Botswanga, dans lequel un jeune footballeur est manipulé par son agent. Les deux humoristes reprennent tous les codes d’une présentation de joueur – « projet sportif », « le club est une famille »… La vidéo est regardée plus de 500 000 fois sur Dailymotion et l’opération s’avère gagnante pour le club comme pour les humoristes, dont le film attirera 1,2 million de spectateurs dans les salles.

LeBron James (juin 2014) : à l'été 2014, Wissam Ben Yedder est, déjà, annoncé sur le départ. De l’autre côté de l’Atlantique, LeBron James est sur le point de quitter le Miami Heat avec qui il vient de jouer une quatrième finale NBA d’affilée. Tout le monde annonce un retour à Cleveland où James a commencé sa carrière.

Voyant l’incertitude du basketteur à l’idée de se trouver un nouveau défi, les dirigeants toulousains tentent de rentrer dans la brèche. Le club contacte directement « KingJames » sur Twitter, pour lui proposer un poste à la pointe de l’attaque. Finalement, Ben Yedder restera à Toulouse et LeBron James, qui ne se voit pas comme remplaçant, choisira de rejoindre Cleveland.

Beyoncé (octobre 2015 et novembre 2016) : depuis que le PSG est la propriété d'un fonds d’investissement qatari, le Parc des Princes attire les stars. Jaloux de la venue de Rihanna pour un match contre Marseille, le TFC annonce la venue de Beyoncé au Stadium pour un match contre Angers. Le message est retweeté 1700 fois, mais le coup de bluff ne suffit pas à faire venir la chanteuse américaine.

Ne voulant pas rester sur un échec, le club toulousain retente sa chance en novembre 2016, quelques jours après l’élection présidentielle américaine pour laquelle Beyoncé soutenait Hillary Clinton. Le TFC tweete la photo d’une carte d’abonnement en loge présidentielle au nom de Beyoncé Knowles. Là encore, pas de nouvelles de l’ex-Destiny’s Child, qui était invitée à célébrer le 80ème anniversaire du club.


Le logo des 80 ans : symbole de la puissance du TFC sur les réseaux sociaux

On n'a pas tous les jours 80 ans. Pour marquer le coup, le TFC a voulu donner une chance unique à ses supporters en leur donnant l'opportunité de créer eux-mêmes le blason des 80 ans du club. Un blason totalement inédit qui serait porté par les joueurs lors de l’anniversaire du TFC. Et pour cela, le club a pu s'appuyer sur sa communauté de fans qui a répondu présente. En deux mois de concours, le club a reçu pas moins de 400 créations. Ensuite, il a fallu passer par une première sélection de quatre-vingts logos, puis de dix, avant d'élire LE blason des 80 ans. Une opération totalement impossible sans une certaine assise sur les réseaux sociaux qui ont massivement relayé l'information. Le blason lui-même a été dévoilé dans un premier temps sur les réseaux sociaux, puis sur le site officiel du club.

Une chose est sûre, le TFC a pleinement vécu ses 80 années d'histoire et semble bien parti pour en vivre beaucoup d'autres. Depuis l'arrivée de Pascal Dupraz, le club mène une politique de recrutement ambitieuse qui lui permet de viser plus haut que le seul maintien. Si les Pitchouns sont déjà bien en place, une seule question demeure : à quand la prochaine épopée européenne des Violets ?

 

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