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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Il vit toujours à Toulouse, à côté de chez vous. Et c'est une légende ! âgé de 74 ans, édouard Wojciak a évolué au Toulouse Football-Club entre 1963 et 1967, marquant 29 buts en 96 matches, puis de 1973 à 1976 y terminant sa carrière. Entretemps, l'attaquant fera les beaux jours de Bordeaux ; après, en dehors de son cabinet d'assurances il rendra service comme entraîneur-joueur à Cazères, Luchon, Le Fousseret, Fonsorbes. Ses souvenirs fourmillent, il en ouvre la grande boîte…

Edouard, si on vous dit 18 mai 1966…

Oui, un mercredi même. C'est le jour de la dernière victoire toulousaine en terre lyonnaise. On avait gagné 1-0.

Et c'est vous qui marquez !

Je m'en rappelle, forcément. Vers l'heure de jeu, je pars comme d'habitude de mon côté gauche pour repiquer intérieur et, des 20m, je tire du droit, au sol ; le cuir se fiche au ras du piquet gauche d'Aubour. Marcel, vous connaissez, hein ? Je dois dire qu'il me réussissait car c'est le gardien contre lequel j'ai inscrit le plus de buts. à chaque fois qu'on s'affrontait, je le trompais. Tiens, je lui avais mis un doublé en Coupe de France, sur terrain neutre à Marseille (2-0, 8e de finale 1965-1966). Par la suite, il me cham-brait : «Eh toi le Polonais, ne me fais pas de misère aujourd'hui ! » D'ailleurs…

Oui…

Je crois à la loi des séries. Toulouse vient de faire nul à domicile, donc l'équipe va s'imposer à l'extérieur. Sur un doublé de Delort en fin de match après avoir concédé l'égalisation à 1-1. Allez, je me jette !

Revenons aux années 60. C'était quoi le contexte sportif de l'époque ?

Le TFC jouait le Top 5 et l'OL les tout premiers rôles. C'était encore le grand Lyon avec Di Nallo, Djorkaeff père, Polak. Je me souviens très bien de ce fameux succès à Gerland parce que, le week-end pré-cédent, nous avions déjà gagné, encore loin de la Ville rose, à Valenciennes 3-2 me semble-t-il. J'avais fait trembler les filets… En clair : c'était une bonne semaine pour moi, c'est sûr.

Vous jouiez à Toulouse votre 3e saison. Comment y étiez-vous arrivé, vous le gars du Nord ?

En effet, je suis issu d'une famille très modeste, 3 frères et 4 sœurs. Mon père, émigré de Pologne, était mineur à Arenberg – vous savez, la célèbre tranchée sur les pavés de Paris-Roubaix. Et je jouais en DH à Wallers, la commune qui abrite le hameau. Un recruteur m'a repéré et je suis parti faire un match amical, en lever de rideau de TFC-Botafogo avec Garincha. Rien que ça. Richard (Boucher) qui l'avait au marquage, avait passé une sale soirée… Sinon, on avait rencontré Albi au Stadium. J'avais scoré d'une frappe de loin. à partir de là, mon premier contrat de non-sollicitation comme c'était l'usage à l'époque, je l'avais signé dans la voiture du président. Une DS noire avec chauffeur. Mon salaire correspondait à peu près à 3 Smic. Ce n'étaient pas les sommes d'aujourd'hui, mais quand on a 20 ans…

Vous étiez un vrai ailier, à l'ancienne ?

Tout à fait. Bon j'avais un gabarit classique (1m74-70kg), mais j'étais très rapide. La preuve, je faisais quand même 11s au 100m. Je marquais et je faisais marquer, mon rôle était de déborder puis centrer ou rentrer intérieur je vous l'ai dit et m'essayer. J'avais une bonne frappe. J'avais aussi pratiqué le volley : j'aimais bien, ça me permettait d'être en condition.

Enfin, j'avais du caractère – sourire – ; j'en ai toujours.

Qui étaient vos camarades de jeu ?

Que des bons ! Baraffe, Redin, Mouthon qui courait aussi vite que moi, Ahache, Edimo, Pierrot Dorsini. Plus le coach Kader Firoud.

Et à la fin de cette saison 1965-1966, le TFC va disputer pour la tout première fois une compétition européenne…

Ouais. La fameuse Coupe des villes de Foire qui n'avait pas le même retentissement que de nos jours. On avait été notamment en Roumanie (contre le Dinamo Pitesti).

Vous y aviez été expulsé…

Ah bon ! Non-non, je n'étais pas méchant mais il ne fallait pas non plus me marcher sur les pieds. Je me remémore un match à Lens où l'arrière, un certain Marc Bourrier, me tacle sur le tendon d'Achille alors que je l'ai dribblé à la loyale… Là, je me retourne et je lui donne un grand coup de savate. L'arbitre me met rouge, forcément. Mais les collègues, sous l'impulsion de notre capitaine Pierrot Dorsini, menacent de quitter le pré. Je ne recevrai qu'un jaune…

On fait un grand bond en avant. Que pensez-vous du TFC 2016-2017 ?

Je continue de suivre le club. Je vais de temps en temps au stade ou je regarde à la télé. En tout cas, je ne rate pas un match. Je trouve que Dupraz est à sa place «chez nous» : un râleur, un entraîneur à poigne. Gagner une coupe de France ou de la Ligue est dans ses cordes. Ce serait bien, dans 20 ans, de fêter le centenaire du TFC avec quelques titres en poche…

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