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Lucas Serdic pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Benoît Tihy fut l'un des acteurs du fameux exploit du TFC face à Naples en octobre 1986. Opposé en défense à Diego Maradona, il a su museler le héros du mondial quelques mois plus tôt.

Aujourd'hui à Bergerac où il travaille pour la ville, Benoît Tihy coule des jours heureux dont le football n'est plus le centre. à 57 ans, il prend le temps de profiter de sa famille, mais revient toujours avec grand plaisir sur son passage au TFC, marqué par son duel avec la légende argentine.

Quel souvenir gardez-vous de ce double duel face au Napoli de Diego Maradona ?

C'est quelque chose qui me suit encore aujourd'hui bien après ma carrière. Je garde évidemment un souvenir très agréable de ce que j'ai réussi à faire sur ces deux matches-là, personnellement comme collectivement puisqu'on a eu la qualification au bout. C'est le plus beau moment de football que j'ai vécu dans ma carrière.

Et il est bien placé dans la liste des grands moments de l'histoire du club aussi…

Ah oui, je pense. Depuis que ça s'est passé, je ne crois pas que le club ait revécu un truc aussi fort. Jouer contre Naples, c'était déjà pas mal, mais se confronter à Maradona, c'est comme jouer contre Messi aujourd'hui. Pour les supporters, voir des artistes comme ceux-là sur le sol toulousain, c'était inimaginable. Surtout sachant que trois mois avant Maradona avait fait gagner la Coupe du monde à l'Argentine.

On dit de vous que vous êtes celui qui a éteint Maradona justement ; racontez-nous comment ça s'est passé.

Jacques Santini a presque été obligé de me confier la tâche de prendre Maradona en un contre un. ç'aurait dû être soit Despeyroux soit Jean-Philippe Durand, mais les deux ont refusé. Moi, je n'attendais que ça, je m'étais préparé secrètement dès le tirage au sort à ce duel. Pour moi c'était l'apothéose. Lors du premier match, je n'avais rien à perdre. Je jouais face au meilleur joueur du monde, donc s'il faisait un gros match, c'était normal. Et sinon on aurait parlé en bien de moi. C'est ce qui s'est passé. Au retour, j'avais un peu plus de pression, parce que je devais confirmer. Je suis parvenu à le neutraliser et psychologiquement, j'y suis peut-être pour quelque chose dans son échec lors de la séance de tirs au but.

Sur le terrain, comment s'est passé votre duel ?

Très bien, il y a eu beaucoup de respect. Je garde en tête la fin de la prolongation, j'ai vu Maradona faire une bonne vingtaine de mètres dans ma direction pour venir me serrer la main, ce qui prouve qu'on s'est battus dans les règles. Je n'étais pas là pour le casser, surtout à Naples, sinon je ne serais peut-être pas reparti vivant (rires). Il s'est très bien comporté. Jouer 240 minutes contre lui fut un pur bonheur.

Cette performance a aussi mis en valeur le travail de l'ombre des défenseurs.

Oui, car c'est vrai qu'à l'époque, les défenseurs étaient plutôt vus comme des destructeurs de jeu. Donc pour moi, et pour mes compères de défense, cette reconnaissance a fait du bien.

Vous assisterez aux 80 ans du club ?

Je ne sais pas si je serai invité ! Je vais vous dire : quand le club a connu sa descente aux enfers et qu'Olivier Sadran l'a repris en main, je me souviens l'avoir entendu se plaindre que les anciens de la génération 86 ne lui proposaient pas leur aide. Pourtant, ce fut mon cas. J'avais candidaté à l'époque comme j'étais fonctionnaire à la ville de Bergerac, où je travaille encore, en disant mon désir de revenir à Toulouse pour aider. La ville aurait pu m'embaucher par exemple et j'aurais pu participer au redressement du club, mais je n'ai jamais eu de réponse… C'est dommage, mais c'est comme ça. J'aurais beaucoup aimé revenir, parce que Toulouse fut une étape importante dans ma vie.

Tout ça est derrière vous désormais ?

Oui, beaucoup de choses sont derrière moi aujourd'hui. Maintenant, je vis paisiblement. ça fait un an et demi que je ne suis plus entraîneur, depuis mon départ forcé du club de Bergerac, et je me porte bien. J'ai découvert le plaisir d'avoir mes soirées et mes week-ends, ça faisait 40 ans que ça ne m'était pas arrivé et c'est agréable.


Le chiffre : 10 e

tir au but du roi Diego. Les deux équipes sont à égalité : Naples l'a emporté en Italie 1-0, le Tef idem au match retour. Après la prolongation viennent les penalties. Toulouse mène 4-3 quand Maradona s'élance en dernier… et envoie les Violets en 16es de finale !

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