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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Il est de retour ! Douze ans après sa dernière visite dans la Ville rose, le dieu vivant du Stadium foulera à nouveau la pelouse de ses folles chevauchées. Séquence nostalgie.

Toujours la même voix chantante au bout du fil, qu'importe les 10.600km qui le séparent de la terre de ses exploits… Le mot magique (TFC) et Alberto «Beto» – diminutif de Beethoven, disent d'aucuns –Marcico part sur les routes de sa passion pendant une mi-temps. De Buenos Aires à Toulouse sans modération, avec jubilation. Ce week-end, à l'occasion de la réception de Marseille (dimanche à 15h sur beIN1) et de la célébration des 80 bougies du club toulousain, il sera de la partie. Le mythe aujourd'hui âgé de 56 printemps s'en réjouit et ouvre, en avant-première pour La Dépêche, la boîte à souvenirs. Rayon «violets» : juin 1985 -mars 1992 ; 248 matches, 67 buts ; une stèle place du Capitole…

Beto, vous arrivez quand à Toulouse ?

Samedi après-midi via Madrid.

Je suis logé à l'hôtel. Et j'ai de la chance : je reste une semaine entière ! J'en profite pour remercier le président Olivier Sadran, je suis sensible à l'invitation du club. C'est une date importante ; ça fait vraiment quelque chose, 80 ans. Vous vous rendez compte, moi qui vais avoir 57 (le 13 mai, ndlr), j'ai 23 ans de moins que le Tef…

Vous n'étiez pas revenu dans la Ville rose depuis plus de 10 ans…

Exact. La dernière fois remonte à 2005. Je me rappelle : j'avais posé pour votre photographe, à l'époque, contre les fameux murs en briques toulousaines.

Vous êtes encore amoureux de la ville et du club.

Oh… que oui ! Déjà mon aîné, Pablo (32 ans), y est avocat spécialisé dans l'international ; et mon autre fils, Lucas (29), est né à Toulouse. Après, j'ai vécu 6 ans et demi de rêve au TFC. Le public me manifestait sa chaleur, les gens m'aimaient beaucoup. C'était réciproque et j'ai essayé de leur rendre ce que je pouvais.

Vous êtes carrément une idole ad vitam aeternam chez nous !

Je crois que les supporters n'oublient pas : ils sont reconnaissants, ils ont apprécié ma fidélité. J'ai eu maintes fois l'occasion de partir, je suis toujours resté. Dès ma première saison (84-85), Bordeaux me voulait. Après, il y a eu l'Italie, l'Espagne… Lens aussi, quand on était sortis vainqueurs des barrages pour rester en première division (mai 91 : 4-0 au Stadium, 0-1 à Bollaert).

Il y avait le jeu de Beto tout simplement, également…

(modeste) On avait une très belle équipe, oui… Un milieu magique Despeyroux-Durand-Passi-Bellus qui approvisionnait Yannick (Stopyra) et moi-même, ça avait de la gueule, non ? Puis, Bergeroo dans les buts et Alberto en libero : pas mal, pas mal (sourire).

Que devient, justement, votre compatriote argentin Tarantini ?

Il commente les matches pour la télé locale. C'est un consultant vedette. Pas de chance : il ne peut pas venir pour la fête, il est avec sa femme en croisière au large des États-Unis.

Vous êtes resté en contact avec quels autres joueurs ?

Yannick que j'ai assez souvent – les Girondins ont une filière de recrutement sud-américaine ; Pascal Despeyroux et Jacky Paillard. Je communique avec WhatsApp ; ça simplifie la vie, c'est gratuit.

Sinon, vous, plus concrètement que faites-vous ?

Ben, tous les matins je vais au chantier. Avec Lucas. Je suis entrepreneur, nous construisons des immeubles de 8-10 étages depuis 11 ans désormais.

Plus aucun lien avec le foot, alors ?…

Non. Sauf que je vais voir tous les matches de Boca (Juniors ; il est né à 800m du stade), naturellement. Mais en dehors de l'Argentine, ne vous inquiétez pas : il n'y a que Toulouse sur ma carte du football.

Si vous aviez un message à adresser aux spectateurs du Stadium…

Il serait simple – et je leur répéterai ce week-end : merci pour tout l'amour que vous m'avez toujours donné.

Quels anciens vous réjouissez-vous de revoir ?

Tous, forcément. Les plus jeunes aussi : Elmander et Ben Yedder, je ne les connais qu'à la TV pour le moment. Johan a marqué l'histoire du club avec une autre épopée en coupes d'Europe. Wissam, lui, c'est mon fils Lucas qui me l'a fait découvrir. Fallait que je le regarde : il a battu mon record, et j'en suis content ! Un autre le battra, c'est la définition d'un record. Au moins, 63 buts (62 pour Marcico) en Championnat (de L1), ça prouve que le joueur s'investit longtemps pour le même maillot. J'aime assez, vous aviez deviné.

Revenons… 30 ans en arrière. Dès le départ, ce fut le coup de foudre entre vous et le TFC.

C'est vrai. Et il a duré. Puis que je peux dire que j'ai vécu 7 saisons fabuleuses sur les bords de Garonne. L'histoire a démarré idéalement avec, dès la première année, une 4e place et l'Europe à la clé.

Bientôt l'apothéose avec l'élimination de Naples et du roi Diego (32e de C3 : 0-1 aller ; 1-0 ap, 4-3 tab)…

Un seul mot : magique. Maradona venait tout juste d'être sacré champion du monde (Mexique-86), il s'agissait du meilleur joueur de la planète. Puis ce fut un scénario incroyable, au Stadium, avec son dernier péno manqué.

Vous auriez pu continuer de jouer à Toulouse après le printemps 1992 ?

Non-non. Je voulais rentrer au pays. Et puis je partais avec la relève assurée : Debève, Pavon, les «petits» coachés désormais par Serge Delmas (92-94) poussaient.

Retour vers le futur : le Téfécé, vous arrivez à suivre ?

Grâce à La Dépêche, surtout ! Je suis abonné sur Internet… Tiens, ce week-end, j'ai lu. J'ai vu que le Tef avait gagné à Montpellier. Mais que le Stade a été sorti de la Coupe d'Europe (chez les Irlandais du Munster, en quarts de finale, 16-41). Dommage… En sport, aujourd'hui, c'est dur de rivaliser avec les plus riches. Monaco, on l'a vu contre Manchester City, y parvient.

Quel regard portez-vous sur le TFC de ces dernières années ?

Il a bien fait les choses, il s'est pérennisé en élite. Même si la saison dernière, ça a failli…

Oui…

J'ai eu peur qu'on descende. J'avais toutefois confiance en l'équipe. J'ai même envoyé un texto d'encouragement à Trejo à 2 journées de la fin. Je lui ai dit qu'on méritait de rester en D1. Oscar est un super-technicien, il régale les travées du stade.

Votre avis sur la Ligue 1 ?

Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne même si la Bundesliga est dominée par le Bayern Munich, puis le championnat français. C'est mon classement. Le problème, c'est qu'en France nous sortons des joueurs vraiment de valeur que l'étranger nous pique. à chaque mercato, il faut recommencer à bâtir les effectifs. La compétition peut s'en trouver affaiblie sur la durée. Et voilà la Chine qui s'y met avec des sommes à faire tourner les têtes ! Regardez Tevez, qui touche 40M€ par an à Shanghai : c'est dingue.

Vous nous tendez la perche : que pensez-vous de l'Albiceleste ?

Entre la Copa America (contre le Chili 2 fois en 2015 et 2016) et le Mondial (face à l'Allemagne au dernier tournoi), l'équipe nationale d'Argentine vient de perdre 3 finales. Toujours embêtant. Maintenant, avec Dybala et Icardi, Pastore, la génération est dorée.

Messi ou Ronaldo ?

Le petit Barcelonais est le plus grand footballeur actuellement. Mais Diego était plus fort encore.


Après Toulouse, une dernière cape

Avant, entre 1980 et 1985, il n'y en eut qu'un : Ferro (Carril Oeste), club du quartier Caballito de Buenos Aires. Ensuite, deux autres : Boca Juniors – « la Bombonera, unique au monde ; quand les spectateurs s'agitent, c'est comme si le stade entier se dérobait sous tes pieds » – de mars 1992 à mars 1995. Alberto Marcico (1m78-78kg) y remporta le titre de champion en 1992 (Apertura, tournoi d'ouverture), qui fuyait «BJ» depuis 11 ans. Enfin, donc, Gimnasia La Plata où le buteur termine sa carrière, en 1998-99, blessé : « Touché au tendon d'Achille droit deux fois de suite.» Entretemps, il rejoua 24 minutes avec l'Argentine lors des éliminatoires au Mondial-98 : sa 16e sélection.

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