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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Haut-Garonnais pure souche – «je suis né à Revel ; quand je dépasse Montauban, c'est déjà le Nord» –, cet ancien N°10 amateur qui régalait, a quitté sa région en janvier 2015 pour prendre les rênes de l'Amiens Sporting-Club en National. «Ma mission était de retrouver la L2 en 2 ans, en 2 saisons on a accédé à l'élite en mai dernier pour la première fois dans l'histoire de l'ASC…» à 52 ans, Christophe Pelissier est un magicien. L'incroyable montée du Luzenac Ariège-Pyrénées en L2 au mois d'avril 2014, qui sera refusée administrativement par la LFP, c'était déjà lui. Entretien avec un technicien lucide («c'est logique que les observateurs nous mettent dans la charrette»), pas fataliste («j'aime déjouer les pronostics») tandis que la Ligue a décidé, hier, de délocaliser Amiens-Bordeaux au Havre la semaine prochaine.

 

Christophe, est-ce que le groupe est perturbé par l'extra-sportif (*) ?

Disons que c'est spécial, forcément. Quand on évoque l'ASC de manière négative, ça impacte obligatoirement sur toutes les composantes du club. Dont le vestiaire. Notre seul moyen d'expression reste le terrain. C'est le message que je fais passer aux garçons : faites en sorte qu'on parle en bien d'Amiens.

Vous avez meublé la trêve par un match amical à Courtrai (défaite 0-2)…

Oui, l'idée était de faire évoluer ceux qui n'avaient pas encore beaucoup joué. C'est-à-dire les éléments en manque de temps et les revenants de blessure – à l'image de Mathieu (Bodmer, déchirure mollet) qui était sur le flanc depuis 1 mois et demi : ça y est, il est opérationnel. Puis… j'avais quand même 6 internationaux dehors, aux quatre coins de l'Afrique : Kakuta (RD Congo), Mo. Konaté (Sénégal), L. Traoré (Côte-d'Ivoire), Adenon (Bénin), Zungu (Afrique du Sud), Dibassy (Mali). L'occasion a donc fait le larron.

Gaël Kakuta et Lacina Traoré, parlons-en justement : Amiens n'a pas de pétrole, mais des idées. Vous avez su recruter malin !

On est obligés, ici. Financièrement, on n'a pas les moyens d'aller chercher des joueurs titulaires en première division, par exemple. Alors, on tente des paris.

D'où l'instauration, pour Kakuta, du 4-2-3-1, non ?

Ouais… mais c'est aussi le système qu'on utilisait en Ligue 2. Et qui nous a réussi (sourire). Ma formation avait déjà ses repères dans ce cadre bien défini. Après, on a évolué en 3-5-2 à Paris (0-2, J1) et à Saint-étienne (0-3, J3) lors de nos 2 premiers déplacements. Il s'agit d'un schéma que j'affectionne particulièrement et comme je me bats contre les idées reçues : il n'est pas défensif ! Puisqu'avec 2 attaquants, 2 meneurs et 2 pistons, je trouve que cela commence à faire du monde dans la surface de réparation adverse… En résumé : la bonne méthode, je crois, est de trouver le juste compromis entre tes forces et les faibles de l'équipe en-face.

Vous avez 1 point d'avance sur le barragiste avec 1 match en moins (6pts) : comment vous situez-vous par rapport à votre tableau de marche ?

On savait très bien qu'en tant que promu et club au plus petit budget (26M€, ex æquo avec Troyes), nous allions vivre une saison très compliquée. Et, effectivement, on se retrouve à la lutte. Or on aurait pu aussi être décrochés par rapport à notre calendrier. De toute façon, ce qui m'importe, c'est d'arriver à trouver une ossature et une dynamique.

Parce que…

Oui…

N'oublions pas que le 31 juillet, à 5 jours de l'entame, je perds mon meilleur attaquant, Aboubakar Kamara (10 buts en L2 2016-2017), qui part à Fulham (D2 ANG) ; le 15, Guessouma Fofana se fracture le péroné à l'entraînement ; le 31, enfin, on me vend mon meilleur milieu, Tanguy Ndombélé, à Lyon. Bref, il me fallait refaire un collectif et tout le monde sait que c'est le plus dur et le plus long en foot. D'autant que si vous regardez les 6 premières rencontres, vous vous rendrez compte que 7 à 8 joueurs alignés au coup d'envoi évolu-aient encore en National il y a 2 saisons. La L1, ça ne s'improvise pas ; il y a des paliers à franchir.

Et vous ne vous en sortez pas si mal, en n'étant qu'à 2 unités derrière le Toulouse FC…

Oh… ce n'est que le début ; nos effectifs ne sont pas comparables. Le TFC n'est manifestement pas à sa place. Comme Rennes, c'est un club qui doit viser la première partie de tableau. Eu égard à son armada offensive : Toivonen, Gradel, Durmaz, Delort, Jean, Sanogo. Lorsqu'on affronte le Tef, on tremble !

À quel match vous attendez-vous ?

Chaque week-end est un sacré défi à relever pour mon équipe. à la maison, Toulouse impose un impact conséquent qui contraint son adversaire à reculer. On va être mis sous pression, c'est sûr.

Amiens SC aussi se défend sur le plan athlétique, on l'a vu face à l'OM…

La première mi-temps. Je répète : pour moi, dans ce domaine, les Toulousains font partie des meilleurs de notre Championnat.

Quels souvenirs avez-vous du Stadium ?

Deux, enfin trois, me viennent à l'esprit. Les deux premiers en tant que supporter, actif dans les travées : j'étais des fameux TFC-Naples et TFC-Spartak (C3 1986). L'autre en tant que joueur : avec le Muret des Carrière et Casa-grande, j'ai joué en lever de rideau ; nous avions gagné 1-0 et c'est moi qui avait trompé Fabien Audard sur coup franc (D3, saison 1993-1994).

Pascal Dupraz, vous connaissez bien…

Tout à fait. On était de la même promo d'entraîneurs (2014-2015). J'avais passé 3 mois au sein du Tef, d'ailleurs, à la fin du feuilleton Luzenac (été 2014) avec Mika Debè-ve auprès de la CFA2. Alain Casanova coachait ; Pascal était encore à l'évian/Thonon-Gaillard.

On avait sympathisé, je l'ai appelé lorsqu'il a accompli ce que j'appelle le miracle à la toulousaine. Un truc qui restera gravé.

Et vous, que conservez-vous de l'épopée Luzenac ?

Ce fut extraordinaire, sportivement et humainement : là encore, n'ayons pas peur des mots. On avait une équipe capable de soulever des montagnes et les individualités en ressortaient comme par la magie du football. Je cite Khalid Boutaïb, je viens de l'avoir au bout du fil : on l'avait récupéré à Uzès et, aujourdhui, il est titulaire en équipe nationale du Maroc (triplé samedi dernier face au Gabon)…

(*) Effondrement d'un garde-corps au Stade de La Licorne lors d'Amiens-Lille le 30 septembre, accident qui a fait 29 blessés.

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