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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

«Pour ma première semaine et le match face à Lille (0-3), j'étais dans l'observation ; là, je vais agir rapidement, il faut que d'ici les 3 prochaines rencontres il se passe quelque chose. Car, non, je ne me suis pas engagé pour gérer une descente.» Nommé en remplacement de Philippe Hinschberger samedi 28 octobre, en fonction 2 jours plus tard, sur le banc messin le week-end contre les Nordistes, Frédéric Hantz, 51 ans, a pris le taureau lorrain par les cornes. Ce samedi, il revient dans sa région – «je suis né à Rodez, j'ai été à l'école à Toulouse, or a- vec l'âge et l'expérience les émotions se lissent…» –, bourré d'idées. «On devra résister athlétiquement aux Téfécistes pour réussir à les faire déjouer», annonce-t-il.

 

Frédéric, 9 petits mois après votre départ de Montpellier, vous revoilà de retour en L1…

Je pensais que ça durerait plus longtemps ; en vrai, je n'étais pas pressé de repartir… Je dois avouer que je n'étais pas en France quand Metz m'a appelé. Je n'étais pas dans des dispositions de reprise jusqu'à la fin de l'année, je n'avais rien préparé, rien mis en œuvre dans mon organisation.

Pourquoi replonger, alors ?

Le destin, le feeling. Moi-même je n'ai pas vraiment d'explication, d'ailleurs. Je ne vais pas la jouer à la Rolland Courbis, mais tu te dis ''si je peux donner un coup de main, j'y vais…'' Puis, à Saint-Symphorien, j'y ai été joueur il y a 25 ans, j'y ai découvert la L1 : ça compte, dans l'inconscient peut-être. Je n'avance pas que je connais bien Metz, je n'ai pas l'habitude de passer ici mes vacances. Cependant le FCM a des valeurs.

Après Le Mans, Sochaux, Le Havre, le SC Bastia et donc La Paillade, c'est votre 6e club de L1. ça commence à faire, non ?

(sourire) Une expérience à l'é-tranger me tente depuis 7-8 ans. Cela n'a pas pu se faire pour plein de raisons ; un jour, ça viendra. Tiens, j'avais eu Paul Le Guen au téléphone lorsqu'il a signé en Turquie (juin 2017, Bursaspor), je sais que 10 jours avant il n'était pas du tout dans l'esprit de re-coacher. On exerce un job particulier, on choisit rarement ses clubs contrairement à ce que les gens peuvent s'imaginer. J'ai refusé des offres depuis janvier ; d'un autre côté, il y en a que j'aurais aimé qui ne sont pas venues…

Sinon, à quand une équipe du Top 10 ?

J'estimais que je le méritais après le Sporting et le MHSC. Les choses ont évolué : il y a davantage de techniciens étrangers. C'est un constat et une bonne chose. Par contre, cela ferme pas mal la por-te à des entraîneurs comme moi sur des clubs «un peu plus haut». Beaucoup de bons coaches sont également sur le marché. Il y a ce que tu veux faire et ce qu'on te propose, le but est de trouver un juste équilibre. Je suis très content d'être chez les Grenats.

En attendant, il s'agit à nouveau d'une opération commando !

Si je suis usé… on le verra à la fin de l'aventure messine. Ce qui est sûr, c'est que je pratique sans gilet de sauvetage. Je me suis posé des questions avant de parapher, maintenant j'y suis et les interrogations sont derrière. Une fois débarqué dans un club, je m'oublie. Place au travail.

Pire défense (24 buts contre), moins bonne attaque (5 réalisations pour), dernier du classement domicile (6 réceptions, 6 revers) : on ne voudrait pas être oiseau de mauvais augure...

Il y a plein d'éléments qui arguent que ce ne sera pas possible, il y en a d'autres, à mon sens, aussi nombreux qui prétendent le contraire.

Sincèrement, vous êtes convaincu que l'exploit est réalisable ?

Oui. Le jour où je ne croirais plus au maintien, je ne le cacherai pas.

Par conséquent, à combien chiffrez-vous le pourcentage de se sauver pour le FC Metz ?

Je l'ai affirmé à mon arrivée : on a plus de chances de se maintenir que de gagner à l'Euromillions ! J'estime qu'on a 5% de possibilités de rester en élite.

Même si depuis la création du championnat de France en 1932 personne n'est parvenu à le faire avec 3 points au compteur après 12 journées…

Nous sommes dans un monde de chiffres, de statistiques certes. Néanmoins le foot est de l'art, d'où son appartenance au domaine de l'irrationnel. Tout reste possible à chaque instant. Le challenge est excitant parce que ça n'a jamais été fait auparavant, justement… Chaque année, partout, on assiste à des choses qui n'ont pas existé avant. C'est le sens du sport, de la vie…

Donnez-nous plutôt des raisons objectives ?

Il ne faut pas se mentir : tous les voyants sont au rouge. C'est aussi le sel du métier quelque part dans ce genre de situations. Mais…

Oui...

Dans la constitution du groupe, avec des joueurs d'expérience, dans le jeu pratiqué, tu peux laisser des équipes derrière sur la durée de la saison. C'est le premier point. Ensuite, Metz est un club historique.Après, si nous avons très mal débuté, la Ligue 1 est fluctuante. Certaines formations, pas loin devant, ne sont pas à l'abri au cœur de l'hiver de connaître pareille série. Il y a des clubs au-dessus de nous qui peuvent tout à fait jouer 10 matches sans en gagner 1 seul ! La L1, c'est ça, je le répète : un marathon avec 38 sprints à l'intérieur.

Quid de votre plan de bataille ?

Redonner de l'espoir jusqu'à Noël. Afin par la suite de tout en mettre en œuvre pour jouer le maintien. Le Championnat a évolué sur les 4-5 dernières années : il s'est doté des barrages depuis 2 ans –une cartouche supplémentaire ; il est devenu à l'anglaise avec les «gros» qui gagnent beaucoup plus qu'avant et les petits qui perdent plus souvent. Résultat : hier, pour sauver ta tête, la barre fatidique était de 42 unités ; en 2011, Monaco est descendu avec 44 points. En mai, le barragiste en avait 36. Forcément, la condition préalable demeure que nous, Metz, ayons vite un rebond.

Comment, concrètement ?

Je ne vais rien inventer… Être plus en bloc derrière, se projeter devant ; être meilleurs dans les transitions, défensives et offensives. Je sais les exigences dans notre cas de figure pour qu'on redémarre. J'insiste aussi : il nous reste 13 matches à la maison.

Mais votre route passe d'abord par Toulouse…

Qui a vraiment du matériel. On sent que c'est une formation qui n'est pas encore dans sa pleine expression. Les Toulousains nous sont supérieurs et, pour moi, finiront dans le Top 10. C'est le genre de match qui peut les faire basculer vers le haut ou engendrer dans leurs rangs encore plus de doutes.

Des joueurs à surveiller ?

Gradel apporte beaucoup de vitesse, Delort enchaînera à un moment donné. Derrière c'est solide, en particulier dans l'axe. Et l'entraîneur, il maîtrise son sujet.

Pascal Dupraz, vous connaissez bien ?

Je l'ai côtoyé quand il entraînait évian et moi le SCB. J'ai rarement des échanges avec les coaches adverses avant les matches. Mais je me souviens qu'avec Pascal on avait eu une discussion assez longue avant un tour de Coupe de la Ligue à Annecy. C'est un homme de la terre, comme moi.


TFC : «Cahu» suspendu

Avec ses 6 internationaux A (Durmaz et Toivonen (SUè), Gradel (CIV), Sylla (GUI), Yago (BF)) et Espoirs (Amian) de retour, le groupe de Pascal Dupraz s'entraînera une dernière fois cet après-midi à 17 heures. Nonobstant le central Fortes (genou), et alors que le latéral gauche Moubandjé (grosse entorse à la cheville droite) n'a repris qu'individuellement, le feu-follet Jimmy Durmaz – en tribunes à l'aller et sur la feuille au retour du barrage victorieux contre l'Italie – de-vrait lui postuler après sa lésion aux adducteurs gauches contractée à Marseille en date du 24 septembre. Au contraire, dans l'entrejeu, de Yannick Cahuzac (3 jaunes en l'espace de 10 matches) ; le stoppeur Christopher Jullien, en revanche, revient de suspension.

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