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Patrick Desprez pour La Dépêche du Midi

 

Interview

Le 21 octobre. C'est la date à laquelle remonte la dernière victoire toulousaine, à Angers, sur un coup de boule de Diop consécutif à une aile de pigeon de Blin (1-0). Soit bientôt un mois et demi, une éternité dans le monde du ballon rond. Résultat des courses et des comptes : la jeune troupe du Tef n'avance plus. Incapable de battre Nice au Stadium avant-hier alors qu'elle menait 1-0 après 2min, a évolué à 11 contre 10 durant 40min et aura même bénéficié d'un penalty, elle se retrouve désormais à 1 petit point de la zone rouge et de la 18e place, synonyme de barragiste, occupée par le Losc que le Téfécé visite donc demain. Un tournant de la saison, assurément. Chahuté par les travées de l'île du Ramier mercredi, l'entraîneur Pascal Dupraz ne le sait que trop bien. Il nous l'a expliqué, hier midi, pendant la moitié d'une mi-temps.

Pascal, doit-on considérer cet étonnant revers comme une faute professionnelle ?

Non. Car elle serait en amont. Le match, tout le monde avait naturellement envie de le gagner ; malheureusement, les Niçois avaient la tête sous l'eau et on les relance comme on l'avait fait avec les Dijonnais samedi… Une constante, c'est vrai. Il faut garder mesure. Cette équipe est capable de bien jouer, elle l'a déjà prouvé ; mes joueurs sont des footballeurs de très bon niveau, ils l'ont également démontré par le passé.

Quel est le problème, alors ?

Il se trouve que depuis quelque temps les garçons ne jouent pas ensemble – pas assez et pas en même temps, en tout cas. Et ça, c'est de ma responsabilité ! Ainsi si faute il y a, pour répondre à votre interrogation elle incombe uniquement à celui qui les dirige. à part ça, on est trop propres, on ne bouscule pas suffisamment Nice, on n'a pas l'instinct de tueur – sans vouloir incriminer qui que ce soit. Il m'est arrivé de rater des pénos, ça nous arrivera encore… Le souci, c'est que c'est récurrent chez nous.

Quels remèdes appliquer dans l'urgence ?

Retrouvons de la confiance, de la cohésion. Il faut se dire qu'on vient de perdre 5 points qui nous tendaient les bras (2pts face à la lanterne rouge et 3 avant-hier) : contre Metz on fait exprès de ne pas gagner, devant Nice exprès de perdre. Assez incroyable, non ?

Moralité ?

Le sort s'acharne, il nous accable. C'est la loi des séries.

En après-match, vous avez parlé de traîtres dans le camp haut-garonnais…

C'est peut-être un mot fort que j'emploie mais comme dans une fratrie il doit y avoir un fil rouge, dans une équipe le projet commun doit être servi par tous.

Dès lors que l'un d'entre nous privilégie l'ambition individuelle à celle collective, il s'agit de traîtrise. Oui.

Vous avez évoqué des retards.

J'ai l'impression d'être quelquefois, trop souvent, obligé de gérer des choses que je ne devrais pas. J'ai un profond respect pour les joueurs, notamment pour ceux du Toulouse Football-Club, cependant je ne suis pas là pour me transformer en maître de maternelle. Je suis à cheval : avoir 10 secondes de retard au rassemblement, pour moi c'est une erreur. On la paye ensuite. C'est à moi de faire passer les messages. Et je suis quelqu'un de pugnace. Je me passe de joueurs si le cadre n'est pas respecté. Parce que sinon j'ai l'impression de ne pas être en accord avec mes principes.

Vous nous tendez la perche : Imbula sera-t-il encore écarté pour le déplacement à Lille ?

Je ne sais pas, je vais voir en fonction de beaucoup de paramètres.

Il s'entraîne bien, il est en cannes. Maintenant, c'est une question de choix et je les assume sans avoir à les commenter. Puis dans mon esprit je ne punis personne et personne n'est condamné.

Mais vous avez taclé certains membres de votre effectif «qui ont confirmé face au GYM qu'ils n'étaient pas à même de jouer»…

(il prend son temps) Je ne suis peut-être pas très inspiré non plus. En attendant, tout ce que j'entreprends n'est jamais contre les joueurs ; au contraire. Ce sont eux qui font les résultats. Qui en ont fait et qui en feront à nouveau. Qui ont enchanté le public, quoi qu'on dise. En ce moment, certes, on l'enchante moins…

Justement, vous avez promis d'aller au casse-pipe dans les tribunes qui vous ont insulté !

C'est énervant, ça ajoute à ma tristesse. Les spectateurs ont le droit de siffler, aucunement de vilipender. Je suis une personne bien éduquée. Quand je m'adres-se à quelqu'un avec véhémence, c'est à lui que je m'adresse ; je ne parle pas de ses proches ni de sa famille ou de ses défunts… Voilà. Je sais également que c'est une mission difficile, ici, d'amener

du public au Stadium. Dans les rangs des fans, après le nul face à Metz, il y a aussi des «Dupraz démission» qui se sont fait jour…

Ce n'est pas le meilleur des côtés, or il fait partie du job. Les gens qui balancent ça, ça les regarde. L'acte m'appartiendrait et on ne m'encouragera pas à jeter l'éponge. A-près Dijon, j'ai dit que je ne démissionnerai pas, qu'on allait se relever. Bref, cela ne m'atteint pas du tout, contrairement à «fils de p...» que j'ai pu entendre dans les gradins contre Nice…

Vous vous désignez sans arrêt comme responsable des mauvais résultats. Est-ce pour protéger l'équipe ?

Je ne m'autoflagelle pas, il s'agit plutôt de toute l'ingratitude de notre sport… Je me recentre sur la tâche. Nos performances sont en-dessous de ce que le groupe peut produire. Par conséquent, aujourd'hui, ce qui me préoccupe c'est de voir les joueurs donner tous ensemble – même s'ils s'entendent bien. D'ailleurs…

Oui…

Je ne voudrais pas d'autres hommes que ceux-ci. J'aime bien les challenges aussi. C'en est un nouveau qui m'ait proposé : se mettre en difficulté tous seuls, s'en sortir comme des grands. Je me suis mis dans la merde, puisque c'est moi le boss, et ce qu'il y a de beau : je compte bien sur les joueurs pour m'en sortir. J'ai confiance en eux.L'on se relancera en restant sereins et réglant nos problèmes en interne. Souffrir avant de s'ouvrir, en som-me. Si on fait davantage, la réussite se tournera vers nous.

Votre cote de popularité, on le disait, a baissé…

Je ne veux, ne peux pas être celui qui est parvenu à ce que les joueurs réalisent l'exploit de se maintenir il y a 18 mois, qui a ensuite fait une saison que j'ai moi-même qualifiée de «décevante», et qui tout d'un coup conduirait les siens à la relégation. On n'en est pas là. De toute façon, le fusible c'est toujours le coach.

D'où la question qui fâche en pareille circonstance : vous sentez-vous menacé ?

écoutez : hier, le président ne m'a rien dit. Je n'y songe pas du tout. Encore une fois, les choses sont claires : si Olivier (Sadran) décide demain de changer d'entraîneur, il aura ses bonnes raisons. Et je les accepterai.

à Lille, sachant que le TFC pour-rait être relégable en cas entre autres d'une 3e défaite d'affilée, est-ce le match de la peur ?

Bon, jouons-le, déjà. On sait que la sonnette d'alarme est tirée, depuis un petit moment : on n'a pas gagné depuis 5 journées, on plonge au classement. Pas besoin d'être un grand mathématicien pour se rendre compte que chaque point compte. Et que le rendez-nous à venir, dans notre situation, est délicat. C'est une rencontre à ne pas perdre.

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