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Pa. D., J.Ca., G.J. pour La Dépêche du Midi

 

Ligue1

On ne peut pas reprocher grand-chose aux protégés de Mika Debève, qui ont appliqué à la lettre le plan anti-PSG. Si on peut parler de défaite encourageante, c'est l'exemple à suivre.

De visu, c'est encore plus impressionnant. Vitesse d'exécution, pouvoir d'accélération, prise de décision individuelle ou collective, coordination dans ses déplacements et timing de la passe. Tout est exécuté – car à ce niveau on peut parler de chef d'orchestre – à merveille. Le déchet est proche du néant, les coups d'éclat pas loin d'être géants. Et ce n'est pas que pour la rime, non.

Dans 10 ans, on se rendra compte de notre chance et on remerciera les Dieux du foot. Avoir en L1 un joueur de la classe de Neymar da Silva Santos Júnior – de son patronyme complet –, ça confine tout simplement à la bénédiction. Ce que touche l'artiste, se transforme en or (dans quelques mois, on reparle du Ballon… d'or ?). Donnez-lui un vieux cuir, Neymar en fait un objet sacré.

Même si par définition on ne le saura jamais, on a bien l'impression – pour ne pas aller jusqu'à la conviction – que le PSG sans Neymar tournerait peut-être encore en rond sur le pré vert de l'île du Ramier. S'escrimant à trouver une faille face à cette défense locale dite de hand. Pas besoin de long discours ni même de dessin, juste un croquis : 2 lignes de 4 et 5 en place à 40m de Lafont. Le but, double : coulisser sur les côtés en privilégiant les prises à 2 (Yago + Jean sur le phénomène notamment), cimenter l'axe avec la triplette Blin-Cahuzac-Imbula. Le plan aura fonctionné… plus d'une heure. «On a fait le match qu'on avait prévu», se réjouit quand même à l'issue des débats – malgré ce «coup d'arrêt comptable» – le nouveau coach des Violets.

«Les garçons ont parfaitement répondu à mes attentes, poursuit Michaël Debève, nous n'avons pas eu le facteur réussite jus-qu'au bout. C'est dommage, dommage de céder sur une tentative contrée.» En l'occurrence le tibia gauche du capitaine Issa Diop (cf. Le but).

Résister comme on peut puis planter une banderille. La stratégie n'a rien de révolutionnaire, encore faut-il y parvenir…

«Toulouse a défendu avec intelligence, glisse en substance U-nai Emery. Les espaces étaient réduits, conclut le tacticien francilien, il a fallu se montrer patients.»

«Notre mission était en effet de retarder l'échéance le plus longtemps possible, opine du chef Debève. Mais contre une gran-de équipe comme Paris et de telles individualités…» le fil craque à un moment donné.

ça, c'est pour l'aspect défensif. Quid du secteur offensif ?

De la déception, oui. «Il y avait un peu mieux à faire» dira du bout des lèvres l'entraîneur haut-garonnais. Assurément, même s'il est toujours plus aisé de l'affirmer devant sa télé.


Vivement la suite !

La bande à Debève a manqué de deux choses, à notre goût : de justesse technique, la fameuse, afin de négocier mieux quelques transitions trop vite tuées dans l'œuf ; d'un zeste de folie (mais le gaz était-il encore présent à tous les étages…) dans le dernier quart d'heure.

Allez, ne soyons pas trop durs : en évoluant avec un tel état d'esprit, le TFC, à défaut d'avoir coupé celle du leader, sauvera sa tête en élite.


Le but

68e : sur un contre initié par le véloce Lo Celso et suite à une superbe ouverture d'Angel Di Maria, de son aile droite vers la gauche, Neymar après avoir amorti de la poitrine «travaille» Yago d'un dribble intérieur puis extérieur avant – en glissant à l'angle des 5m50 – de frapper coup de pied gauche ; le tir, in fine légèrement dévié par les jambes d'Issa Diop en opposition, trompe au premier poteau sur sa droite le goal Alban Lafont, pris sur ses appuis (0-1).


Lafont gardien du temple, Gradel maître-artificier

Lafont (15/20).

-Deux arrêts de hand – un en entame, l'autre en conclusion – pour une première mi-temps XXL : du pectoral gauche (!) sur une reprise de Kimpembe (4), du pied droit (élastique) pour s'opposer à l'intérieur de Neymar (39). La baraka également, il coule de source, sur 3 montants : corner direct de Di Maria qu'il effleure de ses phalanges droites (44e), plat du pied de Neymar sur la base de son montant gauche (78e), enveloppé de Neymar encore sur le haut de sa transversale (80e). «Un grand gardien» commentera Unai Emery.

Yago (10).

-Concentré. Appliqué. Il le fallait quand on a un certain Neymar comme vis-à-vis…

Diop (13).

-Il est en train de revenir à son meilleur niveau. Autoritaire, tranchant (interventions aux 20e, 83e et 88e). Pas de doute : l'international Espoirs était le boss hier après-midi.

Amian (10).

-Moins dans la lumière que son alter ego de la charnière, mais propre. Tacle glissé décisif, pas évident à effectuer, devant Neymar (57).

Sylla (10).

-Préféré à Moubandjé, le Guinéen a fait le taf. Sans plus. On aurait aimé le voir davantage combiner avec son ailier, le virevoltant Gradel.

Cahuzac (10).

-Troisième titularisation d'affilée en L1 pour le Corse, qui a beaucoup couru. Peu touché le ballon a contrario : 16. Bon retour sur Di Maria (51).

Jean (9).

-On lui doit la première occasion téféciste (tir trop enlevé, 6). Comme d'accoutumée, il s'est beaucoup démené. A baissé de pied après le repos. Remplacé par Mubele, qui, décidément, a l'air d'aller très vite.

Blin (11).

-Préservé à Nice (il n'avait joué que 9 min), le gratteur toulousain a signé un retour convaincant.

Imbula (10).

-Mitigé. Parce que deux-trois bonnes orientations ; parce que, d'un autre côté, des transmissions déficientes.

Gradel (13).

-Le Neymar du TFC… Une unique preuve : il laisse Alves à 10m sur la seule occasion des siens (tête de Sanogo, 14).

Sanogo (12).

-Plus il joue, mieux c'est ! Sa conservation de balle permet à tout le bloc de remonter. Précieux. Remplacé par DELORT, volontaire.

 

Lafont a failli avoir tout bon

Il avait écœuré Cavani la saison dernière, et grandement contribué à la victoire de prestige du TFC devant les Parisiens (2-0), en remportant quatre face-à-face devant «El Matador». Hier encore, l'enceinte toulousaine était pleine et rêvait secrètement au même dénouement. Un rêve qu'a longtemps entretenu Alban Lafont. Si Cavani avait été laissé au repos par le staff du PSG, le jeune gardien toulousain avait quand même en face de lui une constellation de stars : Neymar, Mbappe ou Di Maria pour ne citer que le trident offensif .

La première alerte est pourtant venue d'un défenseur. Seul à cinq mètres de Lafont, Presnel Kimpembé pensait bien ouvrir le score mais un arrêt réflexe du portier toulousain allait donner le ton de sa soirée. On jouait la cinquième minute seulement et Lafont était déjà chaud. Il allait le prouver en se détendant de tout son long pour sortir en corner une belle frappe de Mbappe (27), puis juste avant le repos sur un arrêt. du pied devant Neymar (39). Durant les quarante-cinq premières minutes il aura touché treize ballons, effectué deux arrêts et détourné trois ballons. Cinq interventions décisives. Et un peu de chance aussi sur un corner direct de Di Maria qui finissait sur la barre (45). Bien assez pour justifier les «Lafont, Lafont» descendus des tribunes.


La malheureuse déviation de Diop...

De la réussite, le dernier rempart toulousain allait encore en avoir en début de seconde mi-temps sur une frappe trop croisée de la star brésilienne. Sa bonne étoile ne lui fera faux bond qu'une fois. Une fois de trop. À la 68e minute sur une frappe de Neymar déviée dans ses buts par Issa Diop. Malheureux, le capitaine toulousain modifiait la trajectoire du ballon pour prendre Lafont à contre-pied et donner l'avantage au PSG. Un avantage décisif. Sauvé par son poteau (78) puis sa transversale (79), Lafont interviendra une dernière fois dans les arrêts de jeu, encore une fois du pied, sur un tir de Draxler. Frustrant. Forcément.

«Il nous a maintenus dans le match grâce à ses arrêts, on prend un but sur une demi-occasion, c'est rageant» soufflait Blin à l'issue du match. «Il est en progrès constant» concluait pour sa part Max Alain Gradel. Cela n'aura pas suffi malheureusement…

 

Depuis le début de la saison, Toulouse a été sauvé 13 fois par ses montants

Si l'affiche a tenu ses promesses, elle n'en renferme pas moins son traditionnel lot d'interrogations…

Quelles surprises avait concocté le TFC avant le coup d'envoi ?

En dehors de la présence du champion de boxe toulousain Mohamed Mimoune, rayon animations, une fois de plus le club de la Ville rose avait innové. Ainsi, en avant-match, trois «interactivités» furent de mise : la KissCam, la DanceCam et la TrollCam (messages un brin chambreurs envers les supporters adverses). On n'a pas besoin de traduire… de visionner sur les deux écrans géants, plutôt.

Comment était l'ambiance dans les travées ?

Sympa, à tout le moins. Il est vrai que «no hay billetes» aide, c'est sûr. à notre connaissance, il n'y a pas eu de débordements ; au contraire, une partie de ping-pong verbal entre le virage Est des Indians et le parcage visiteurs plein comme un œuf (900 personnes). Sinon, côté grand public, on s'est enthousiasmé devant le régal auriverde, logique, mais pas trop quand même – on pouvait le craindre. Le public s'est ensuite amouraché de Neymar Jr, mais qu'à une seule reprise, sur la dernière occasion du Paris-SG, et un magnifique enroulé il est vrai de l'artiste qui terminera sa course sur la barre de Lafont (80e).

La pelouse fut-elle à la hauteur de l'événement ?

Tout à fait. On a assez tiré à boulets rouges dessus pour ne pas féliciter les jardiniers de Toulouse Métropole quand il le faut. C'était la belle verte au Stadium, qui plus est sous un soleil de sortie. Que demande le peuple ?

Les compositions ont-elles réservé des anomalies ?

Pas vraiment. Si Dani Alves était finalement aligné en lieu et place de Meunier à Paris et qu'Unai Emery a voulu donner du temps de jeu à la fois à Diarra et Lo Celso afin de trancher contre le Real (voir interview), Mika Debève, en outre d'instaurer Sylla au détriment de Moubandjé, avait choisi de reconduire son trio d'attaquants niçois Jean-Sanogo-Gradel.

L'arbitrage est-il à mettre en cause ?

Aucunement. Pas de fausse note ou d'erreur de jugement. M. Buquet a pris les bonnes décisions et sorti les cartons (jaunes) qui s'imposaient. Après l'ouverture du score, les supporters toulousains ont bien scandé «l'arbitre est parisien» sur deux à trois situations un peu confuses sifflées à l'avantage des hommes d'Emery, cependant ça fait partie du spectacle. Et surtout de la volonté affirmée du Stadium de voir ses «héros» revenir à la marque. Légitime, quoi.

Avant d'être suspendu devant Strasbourg, Mbappé a-t-il été bon ?

Non. Sans équivoque. On ne relève de l'ancien Monégasque qu'une opportunité : tir du gauche détourné par Lafont (21).

Le chat est maigre.

Le Toulouse FC devrait-il jouer au Loto ?

Très certainement. Un chiffre, un seul : depuis l'ouverture du bal début août à Monaco, le club garonnais a vu ses adversaires frapper les poteaux ou barre à 13 reprises. Superstitieux... Avant hier, on en était au chiffre de 10. CQFD.


Une défaite aux allures de victoire

Hier soir, il y avait les effluves de gel douche, certes, mais surtout une odeur qui sentait presque bon la victoire. Visages souriants, ambiance détendue, les Toulousains ont quelque peu traîné dans les vestiaires avant de se lancer dans la dernière séance de dédicaces avec les plus aguerris des supporters. «On a essayé de tout faire pour bien défendre, note Issiaga Sylla. Mais ça n'a pas été facile : le PSG a beaucoup de joueurs très rapides comme Neymar qui va vite, très vite. Le meilleur exemple est ce contre que l'on n'a pas pu empêcher. Sur le reste de la rencontre, on a essayé de faire un beau match», poursuit le n° 20.

Alors la jauge de confiance n'est-elle pas à son niveau maximum avant le déplacement de samedi prochain à Amiens ? À en croire Firmin Mubele Ndombe, c'est clair. «On va faire quelque chose de bien. Aujourd'hui (hier), on était face à une grande équipe et on n'avait pas la bonne position. Mais on a quand même bien tenu en ne prenant qu'un but à zéro. Il n'y a pas de secret : pour avoir plus de résultats, faut travailler et avec le coach, je suis sûr qu'on va ramener des points d'Amiens.»

Et de son côté, la Neymar «fever» a-t-elle eu son effet ? «On les trouve normaux : on est dans le même monde et dans le même championnat !», se marre Firmin Mubele Ndombe.

La plupart des Parisiens ont balayé d'un revers de main de possibles prises de parole. Marquinhos et Rabiot s'y sont collés et n'ont pas fait semblant. Évoquant – forcément – la prochaine échéance à venir en Espagne. «Mercredi, on sera tous prêts à jouer même si certains seront peut-être un peu diminués physiquement, explique Adrien Rabiot. Mais on peut compter sur le coach pour faire les meilleurs choix et ajustements techniques.» Il y en a d'ailleurs un autre qui trépigne d'impatience. «Ce sera ma première fois à Bernabéu ! C'est un stade avec beaucoup d'histoire et de grands joueurs. On est pressés de jouer ces huitièmes», lâche Marquinhos, en pleine forme. Dire qu'on les soupçonnait d'envisager le TFC comme un entraînement. lls ne sont même pas fatigués.

 

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