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Nicolas Stival pour 20 minutes

 

Ligue1

Le 10 février, le TFC a perdu devant le PSG (0-1), dans un Stadium à guichets fermés. Une première en Ligue 1 depuis onze ans. Mais cette « Neymarmania » ne doit pas cacher l’âpre réalité ordinaire : une affluence moyenne de 16.043 spectateurs depuis le début de saison. Et les cinq derniers matchs à domicile ne devraient pas mettre la billetterie en surchauffe, à commencer par la réception de Strasbourg, samedi, pourtant cruciale pour le maintien.

L’actuel 17e de L1 affiche la douzième affluence, avec un taux de remplissage inférieur à 50 % dans cette enceinte de 33.000 places. Bien loin des 21.446 personnes accueillies en moyenne en 2011-12. Depuis, le TFC a enchaîné les saisons au mieux passables, dans un Stadium à la capacité un temps amputée par les travaux pour l’Euro 2016. 20 Minutes a essayé de voir comment rameuter le peuple Violet.


Développer une « culture TFC »

Un peu de patience, car « cela prendra une génération », selon l’économiste du sport Pierre Rondeau. « Comme ailleurs en France, ce sont en majorité des spectateurs et non des supporters qui viennent au Stadium, juge le professeur à la Sports Management School. C’est aussi le cas à Bordeaux ou à Paris quand il n’y a plus rien à jouer, à la différence de Lens par exemple. Il faut transformer une base de spectateurs en supporters, qui viennent quelles que soient les performances de l’équipe. »

L’idée : imposer la marque TFC, laquelle doit « rentrer dans l’inconscient collectif », selon Pierre Rondeau. Or ledit inconscient a encore trop tendance à associer Toulouse au rugby, selon lui. Le club s’y affaire fait déjà sur les réseaux sociaux, avec un ton bien à lui, ou avec ses démarches innovantes dans le sport français, comme la « troll cam » face au PSG puis Marseille (non, on ne s’attardera pas du coup du Yéti).

« Le TFC doit aussi s’exposer davantage dans Toulouse, ajoute Marc De Biasi, vice-président des Indians Tolosa 93, qui ambiancent le virage Brice-Taton. Quand des étrangers visitent le centre-ville, ils voient la boutique du Stade Toulousain, alors que le club n’en a plus à cet endroit. Il faudrait aussi y trouver un lieu de rassemblement des supporters, autre que la Bodega qui est à l’intérieur du Stadium ».


Revoir le système de billetterie

Pierre Rondeau propose plusieurs pistes, dont le « yield management ». Plaît-il ? « Comme à la SNCF, dans les compagnies aériennes ou dans certains clubs de Championship (L2 anglaise), la vente de billets suivrait un cours boursier, et évoluerait en fonction de l’offre et de la demande. »

Les prix pour un TFC – PSG tutoieraient des sommets, alors qu’il serait possible de payer quelques euros une place pour un TFC – Metz la veille du match, par exemple. Cependant, le club, pas vraiment réputé pour sa politique tarifaire excessive, a déjà « offert » par le passé des places à cinq euros, sans susciter un enthousiasme massif.


Donner plus de pouvoirs aux abonnés

Ce n’est pas nouveau, ni spécifique à Toulouse. Lorsque les affiches n’excitent pas le spectateur lambda, les invitations pleuvent sur les clubs de la région. Si ce n’est pas viable à long terme, l’initiative permet ponctuellement d’attirer un public juvénile et enthousiaste. Cette fois, pour la venue de Strasbourg, le TFC a choisi d'offrir deux places supplémentaires à chaque abonné.

Mais Marc De Biasi propose une autre piste. « Pourquoi, lors des matchs de gala, ne pas réserver 2.000 ou 3.000 places à destination des abonnés, à 15 euros de moins que le prix public par exemple ? », interroge le responsable des Indians. Les supporters les revendraient à des personnes de leur connaissance. « Cela permettrait de fidéliser les gens, ce qui compenserait la perte d’argent initiale pour le club ». Un cercle vertueux en somme.

En outre, le Stadium serait plus sûrement acquis à son équipe qu’à son adversaire. « Des gens en tribune honneur sud m’expliquent qu’ils ne viennent plus aux matchs contre l’OM car ils se retrouvent avec n’importe qui à côté. » Bien souvent, ce « n’importe qui » porte un maillot de Thauvin ou de Payet.


Changer de stade ou « casser » l’actuel

C’est un peu radical ? Sans doute. Mais pour Paul Cometto, la vénérable structure municipale posée depuis 1937 sur l’île du Ramier est « un stade raté ». Ce professeur de stadium business à Lausanne et à Paris-La Défense sait de quoi il parle : il a longtemps été le président des Indians. « Quand on chante, le son sort, le toit est trop haut », déplore-t-il. Pas facile d’accès en transports en commun, trop froid, le Stadium cumule pas mal de tares. « Il y a beaucoup plus de supporters du TFC que ce que l’on dit, mais l’expérience spectateurs au Stadium est un désastre. »

La solution ? « Un stade d’environ 20.000 places, en périphérie, ou alors casser une partie du Stadium », indique celui qui travaille aussi au marketing de la Fédération française de tennis, sur le dossier Roland-Garros. Certes coûteuse à court terme, cette audacieuse initiative résoudrait le problème de l’« inadéquation entre l’offre et la demande, avec trop de sièges disponibles actuellement ». Créer la rareté pour susciter l’envie, en somme.

Paul Cometto cite l’exemple, à une autre échelle, de la Juventus Turin et de son passage réussi, en 2011, du Stadio delle Alpi (environ 67.000 places) au Juventus Stadium, devenu ensuite l’Allianz Stadium (41.500). L’idée est transmise au président Olivier Sadran et à Toulouse Métropole, qui gère le plus grand stade de la ville.

 

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